Suicides de policiers : "Il faut en parler", enjoint le patron de la police nationale dans une lettre

Depuis le début de l'année, 28 policiers se sont donné la mort. En 2018, 35 policiers se sont suicidés.

Le logo de la police à Marseille, le 12 avril 2019.
Le logo de la police à Marseille, le 12 avril 2019. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

"Il en faut parler". Face à la vague de suicides dans l'institution, le patron de la police nationale a envoyé vendredi 19 avril une lettre aux 150 000 policiers dans laquelle il encourage la libération de la parole sur un sujet tabou au sein des forces de l'ordre.

Cette démarche, inédite de la part de la haute hiérarchie, intervient alors que 28 suicides ont d'ores et déjà été comptabilisés au sein de la police nationale depuis le début de l'année. Sur l'ensemble de l'année 2018, 35 policiers avaient mis fin à leurs jours.

Une minute de silence devant les commissariats

"Plusieurs de nos collègues ont mis fin à leurs jours. Certains penseront peut-être que ce dramatique enchaînement relève d'un facteur mimétique et que, plus on parle du suicide, plus on prend le risque d'en susciter, dans un contexte rendu encore plus difficile par la charge opérationnelle", prévient Éric Morvan, le directeur général de la police nationale (DGPN).

Il faut en parler. Sans crainte d'être jugé. Il faut se confier, se persuader qu'avouer un mal-être n'est jamais une faiblesse.Eric Morvan, directeur de la police nationaledans une lettre

"La responsabilité humaine que l'on doit reconnaître à celui ou celle qui prend cette terrible décision ne nous exonère pas de la nôtre", ajoute le DGPN, qui évoque "un devoir collectif" y compris et surtout des chefs, dont le management est souvent pointé du doigt par les organisations syndicales de gardiens de la paix.

Après les suicides de deux nouveaux fonctionnaires jeudi, une intersyndicale avait appelé à des rassemblements et minutes de silence devant tous les commissariats de France vendredi.