Soutien d'Emmanuel Macron aux forces de l'ordre :"Le président a remis un peu le cap", salue le syndicat des cadres de la sécurité intérieure

Christophe Rouget, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), a salué ce lundi sur franceinfo l'intervention d'Emmanuel Macron dimanche.

Un contrôle de police le 20 mai 2020 à Saint-Etienne.
Un contrôle de police le 20 mai 2020 à Saint-Etienne. (R?MY PERRIN / MAXPPP)

Lors de son allocution de dimanche soir, Emmanuel Macron a soutenu les forces de l'ordre évoquant "le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation". Le chef de l'État n'a pas prononcé les mots "violences policières" alors que depuis plusieurs jours des manifestations sont organisées en France pour les dénoncer. "Le président a remis un peu le cap". Il a appelé à construire "une nouvelle police, plus citoyenne, plus humaine, au service de l'ensemble de la population" et demandé au gouvernement "de se mettre au travail" a déclaré Christophe Rouget, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), lundi 15 juin sur franceinfo.  

franceinfo : Est-ce que les propos du président de la République vous ont rassurés ?

Christophe Rouget : Nous étions en crise. Les policiers étaient victimes de "police bashing" intensif et les propos du ministre de l'Intérieur qui étaient totalement déconnectés de la réalité quotidienne avaient mis le feu aux poudres. Le président de la République a eu des mots de soutien pour les forces de l'ordre. Il a rappelé la dangerosité dans notre métier, les risques au quotidien, la nécessité d'un ordre républicain pour bâtir l'avenir. Je crois qu'il a eu aussi des mots sur ce que nous dénonçons depuis plusieurs jours contre ceux qui ont détourné ce beau combat contre le racisme pour attiser cette haine antiflic. Tous ces groupes néo-identitaires et communautaristes, qui sous cette bannière de l'anti-racisme, voulaient importer des émeutes en France et attiser la haine contre les policiers, abattre la République.

Est-ce que cela veut dire qu'aujourd'hui vous faites plus confiance à Emmanuel Macron qu'au ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner ?

Cela veut dire que maintenant au-delà de ces mots, il faut se mettre au travail après cette crise sanitaire. Nous attendons que le président de la République tienne lui aussi ses promesses de campagne sur la création d'une académie de police regroupant tous les corps de la police nationale, sur l'augmentation des formations continues ou sur la généralisation des caméras-piétons. Il avait fait cette promesse lors de son élection. Il doit maintenant les tenir et je crois aussi que nous avons besoin d'une nouvelle impulsion sur la sécurité. Il doit changer de braquet. Nous attendons qu'il mette en œuvre une politique différente en donnant les moyens à la police, par le biais d'un engagement pluriannuel. Aujourd'hui, il faut acter que la police de sécurité du quotidien est un échec. Les quartiers de reconquêtes républicaines sont un échec. Cela ne concerne que 1% de la population. Donc, nous allons avoir le Livre blanc qui va être présenté dans les semaines qui viennent. Ce doit être l'occasion de construire une nouvelle police, plus citoyenne, plus humaine, au service de l'ensemble de la population.

Emmanuel Macron n'a pas utilisé les mots "violences policières" lors de son allocution. Pourquoi, selon vous ?

Je crois que cela a une signification parce qu'on était partis dans un débat qui était totalement déconnecté de la réalité, en voulant importer ce qui s'est passé aux États-Unis, en France. Nous sommes dans deux situations totalement différentes où les polices sont organisées différemment et donc nous étions dans une sorte de spirale un peu irrationnelle. Et je crois que le président a remis un peu le cap.