"Il y a urgence à revoir les choses" : le cri d'alarme du syndicat Alliance après la vague de suicides chez les policiers

Le ministre de l'Intérieur a reçu les syndicats de policiers et les représentants des gendarmes pour notamment évoquer la question des suicides chez les forces de l'ordre. Jean-Claude Delage, du syndicat de police Alliance, réclame du changement. 

Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance, le 18 octobre 2017, à Paris. 
Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance, le 18 octobre 2017, à Paris.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

Les syndicats de police et de gendarmerie ont été reçus vendredi 24 novembre par le ministre de l'Intérieur, qui doit faire des propositions pour tenter d'endiguer la vague de suicides chez les forces de l'ordre. Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance, dénonce "un manque d'attention" "Il faut faire attention aux troupes, aux gardiens et aux gradés".

franceinfo : Y a-t-il urgence à prendre des mesures au sein de la police ?

Jean-Claude Delage : Oui, il y a urgence à revoir les choses, au-delà même des dramatiques suicides qui touchent notre profession : l’organisation du travail, des missions, recentrer les policiers sur leur cœur de métier. Il faut faire du management qui soit plus participatif, revoir aussi les rythmes de travail pour pouvoir permettre à nos collègues d’avoir une vie familiale cohérente et la meilleure vie professionnelle possible.

La cohésion de groupe doit-elle être améliorée ?

Ce qui est certain, si on regarde les chiffres, c'est que, chez les CRS ou dans des unités particulières très soudées au sein de la police judiciaire, les choses sont plus faciles. Je note quelque chose d’important aujourd’hui : un policier qui est en maladie chez lui n’est visité par personne. La hiérarchie ne se soucie pas de savoir ce qu’il devient au bout de quelques semaines d'arrêt. Le management n’est pas participatif alors qu’il devrait l’être. Je crois que ça fait partie aussi d’une cohésion globale qui est très importante. 

Il faut faire attention à l’autre et c’est le rôle de la hiérarchie que de faire attention aux troupes aux gradés et aux gardiens qui sont sur le terrain 24 heures sur 24.Jean-Claude Delageà franceinfo

Les policiers sont-ils abandonnés alors qu’ils vont mal ?

Le métier de policier est un métier très difficile, très dangereux, très risqué. La population en a pris conscience après les attentats. À Alliance, nous disons ça depuis des années. Ce métier est particulier. Celui qui devient policier n’est pas un fonctionnaire normal. C’est un agent qui va jouer sa vie pour protéger celle des autres. Il a aussi besoin parfois que sa hiérarchie et l’Etat fassent attention à lui. Je crois que le manque d’attention existe.