Claude Guéant : "Les policiers sont avant tout à la recherche de sens"

Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur, a commenté, jeudi, les mesures annoncées la veille par le gouvernement pour calmer la colère des policiers. 

Claude Guéant, invité de France Inter le 27 octobre 2016
Claude Guéant, invité de France Inter le 27 octobre 2016 (COPIE D'ECRAN)

Bernard Cazeneuve a annoncé mercredi 26 octobre le déblocage d'une enveloppe de 250 millions d'euros et une série de mesures pour tenter de calmer la colère des policiers, qui manifestent depuis plus de dix jours.

Interrogé jeudi matin sur France Inter, Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur, ancien secrétaire général de l'Élysée, affirme que les policiers sont avant tout à la recherche de sens.

"Les policiers font un métier difficile et ils voudraient être certains que ce qu'ils font sert à quelque chose", déclare Claude Guéant. L'ancien ministre de l'Intérieur estime qu'un tel mouvement de grogne chez les policiers n'aurait pas pu se produire lorsqu'il était en poste, entre 2011 et 2012.

Quant aux mesures annoncées mercredi par Bernard Cazeneuve, "c'est bien mais ce n'est pas le plus important. Ce dont les policiers manquent, c'est d'un sens". "Les policiers ne peuvent plus supporter de se voir additionner des missions sans en comprendre la signification, sans avoir la moindre indication sur la hiérarchisation de ces missions", ajoute-t-il.

Améliorer les capacités de la police sans dépenser plus

Le manque de moyens de la police, l'ex-ministre de l'Intérieur n'en prend pas la responsabilité. Pendant sa présence à Beauvau pourtant, 10 000 postes ont été supprimés dans la police et la gendarmerie, et le budget raboté de 18%. "Ce que l'on oublie de dire, rétorque Claude Guéant, c'est qu'autant de postes (et même un peu plus) ont été créés entre 2002 et 2007 dans la police et dans la gendarmerie".

Mais la crise financière est arrivée en 2008 et "il a fallu prendre des décisions et faire des économies. (...) Mais dans le même temps nous prenions des mesures pour améliorer la capacité opérationnelle de la police. On peut améliorer la présence policière auprès de nos concitoyens sans dépenser plus d'argent."