Mai 68 : quand les femmes, les ouvriers et les jeunes ont osé prendre la parole

Chantale et André Houdusse étaient de tous les combats contre l'injustice en mai 68. Aujourd'hui, ils se souviennent, et leurs convictions sont toujours les mêmes.

Franceinfo

En mai 1968, 80 000 personnes ont battu le pavé à Fougères (Ille-et-Vilaine). En dix ans, 36 entreprises ont fermé leurs portes dans la commune. Chantale Houdusse, ouvrière de confection, est devenue l'une des porte-paroles du mouvement de contestation. En 1969, elle ne se laisse pas impressionner par le ministre du Travail, Joseph Fontanet. À l'époque, elle avait 21 ans. "Je ne sais pas combien il gagnait. Mais il n'avait pas de problème tous les jours pour boucler son budget", commente aujourd'hui Chantale Houdusse.

La libération de ceux qu'on n'entendait jamais

Cette ancienne ouvrière travaillait 45h par semaine, pour un tout petit salaire. Mai 68 lui a donné la force de se battre. Ses convictions sont les mêmes 50 ans après. "Quand on va au-delà de sa peur, qu'on se rassemble avec d'autres, on sent la solidarité et on comprend qu'ensemble on peut faire des choses", témoigne Chantale Houdusse. Avec son mari André, ils étaient de tous les combats contre l'injustice. Aujourd'hui, le couple garde de mai 68 le souvenir d'une libération de ceux qu'on n'entendait jamais. Les femmes, les ouvriers, les jeunes avaient osé prendre la parole.

Des CRS tirant des grenades lacrymogènes dans le Quartier latin, dans la nuit du 10 au 11 mai 1968.
Des CRS tirant des grenades lacrymogènes dans le Quartier latin, dans la nuit du 10 au 11 mai 1968. (SIPAHIOGLU / SIPA)