Un think tank se prononce pour "une GPA responsable" en France : "On ne peut plus nier cette réalité et fermer les yeux"

Maxime Sbaihi, directeur général du think tank Génération Libre auteur du rapport, a expliqué, lundi sur franceinfo, qu'il faut protéger les mères porteuses.

Le think tank Génération libre demande la légalisation de la GPA en France.
Le think tank Génération libre demande la légalisation de la GPA en France. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Le think tank Génération Libre a publié, dimanche 23 septembre, un rapport en faveur de la législation de la GPA (gestation pour autrui) en France, alors que le comité consultatif national d'éthique rend son avis, mardi, entre autres sur la PMA. Maxime Sbaihi, son directeur général, était l'invité de franceinfo, lundi, pour expliquer les solutions avancées par ce rapport comme encadrer cette pratique de "manière légale et responsable pour qu'on puisse lutter contre ces abus et mettre fin à cette situation".

franceinfo : Vous affirmez qu'il vaut mieux autoriser et encadrer la GPA que de l'interdire, pourquoi ?

Maxime Sbaihi : Parce que la prohibition, comme toutes les prohibitions, ça ne marche pas, c'est détourné. Aujourd'hui on se retrouve dans une situation où elle ne protège pas les femmes. Il y a des couples qui partent en Inde où le marché est complètement dérégulé et où les choses sont scandaleuses. Il y a également une atteinte aux droits des enfants puisque la France a été condamnée plusieurs fois par la Cour européenne des droits de l'Homme pour atteinte à la vie privée des enfants nés de GPA à l'étranger. L'État refuse de les retranscrire à l'état civil, ils n'ont pas d'existence, on les appelle les fantômes de la République. C'est l'État français qui se venge en quelque sorte des parents qui ont eu recours à la GPA à l'étranger, où c'est légal ! Enfin, cette prohibition prive les parents infertiles de la chance d'être parents. Nous proposons d'encadrer ça de manière légale et responsable pour qu'on puisse lutter contre ces abus et mettre fin à cette situation.

Qu'en est-il de la rémunération de la mère-porteuse ?

La question est de savoir comment on met en place ce marché. Pour moi, il n'y a aucun problème tant que la femme n'est pas exploitée. C'est vraiment ça, le cœur du sujet. Aujourd'hui, la femme est exploitée en Inde et dans d'autres pays où les choses sont mal encadrées. Nous, nous proposons de mettre en place un cadre avec des droits et des obligations pour chacun. Il faut savoir qu'il y a déjà des montants qui sont en jeu puisque la grossesse a un coût. Nous, nous proposons, pourquoi pas, de rémunérer la femme-porteuse si elle le demande, tant que son consentement est libre et éclairé, tant qu'il n'y a pas de contrainte économique, de violences ou d'erreurs et que toutes les parties sont d'accord pour mettre ce projet en œuvre. Nous ne voyons pas pourquoi l'État devrait l'interdire. Aujourd'hui, il y a 3 000 enfants en France nés de GPA et ça on ne peut plus nier cette réalité et fermer les yeux.

Concernant la PMA étendue aux couples de femmes et aux célibataires, Emmanuel Macron a dit qu'il était pour. Est-ce déjà une avancée pour vous ?

Oui c'est une avancée, mais il faut aller plus loin. Le cœur du libéralisme qu'on défend est de reconnaître toutes les diversités humaines et de donner à chacun une place dans la société. Aujourd'hui, l'accès à la PMA n'est pas égal pour tous. La science et les avancées médicales nous permettent aujourd'hui d'aider les couples infertiles à avoir des enfants, que ce soit des couples hétérosexuels, homosexuels ou des femmes célibataires. Ne leur nions pas ce droit.