Envoyé spécial, France 2

GPA : le marché clandestin des mères porteuses

La gestation pour autrui est interdite en France et punie par la loi. Pourtant, des dizaines de couples y ont recours en toute illégalité. "Envoyé Spécial" a mené l'enquête.

FRANCEINFO

Sur le web, les annonces de couples et de mères porteuses de toute la France sont légion sur les forums de mères porteuses en France. Les journalistes du magazine "Envoyé Spécial" ont rédigé leur annonce, se faisant passer pour un couple homosexuel voulant avoir recours à une mère porteuse.

Rapidement, ils reçoivent une proposition de rendez-vous pour le lendemain. Ils rejoignent une femme, appelée Caroline, dans un restaurant d'une zone commerciale. Elle est venue avec son compagnon et leurs trois enfants. Elle n'a jamais été mère porteuse, mais le couple y pense depuis plusieurs années.

20 000 euros par bébé

Leur motivation : "Pouvoir offrir une famille à des gens qui ne peuvent pas en avoir (...) Si votre crainte c'est qu'on parte avec le bébé et que vous, à la dernière seconde vous n'avez rien, vous pouvez vous l'enlever de la tête". Leur autre motivation, c'est aussi l'argent. Au dessert, le marché est déjà conclu.

Stéphanie a été mère porteuse deux fois pour deux couples homosexuels. Elle a reçu 40 000 euros au total. "Pourquoi on n'aurait pas le droit d'être enceinte pour donner cet enfant à des personnes qui veulent donner de l'amour ?", s'insurge-t-elle. À la naissance, elle a reconnu chaque enfant comme si elle était en couple avec leur père biologique. Puis au bout de quelques mois, elle signe une délégation d'autorité parentale qu'un juge accepte généralement sans poser de questions.

Extrait de "Bébé sur internet : le marché clandestin", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" diffusé le 31 janvier 2019.

La gestation pour autrui peut rester interdite en France, mais les enfants nés de mères porteuses à l\'étranger devront être reconnus officiellement.
La gestation pour autrui peut rester interdite en France, mais les enfants nés de mères porteuses à l'étranger devront être reconnus officiellement. (B. BOISSONNET / BSIP / AFP)