Gestation pour autrui : une quarantaine de personnalités signent une tribune pour dire "non"

Cette tribune publiée dans "Le Monde" est notamment signée par la philosophe Sylviane Agacinski et le professeur René Frydman, père du premier bébé éprouvette.

Le professeur René Frydmann, le 21 février 2011, à l\'hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine).
Le professeur René Frydmann, le 21 février 2011, à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine). (MAXPPP)

"Non au marché de la personne humaine" que représente le recours aux mères porteuses, la gestation pour autrui (GPA). Une quarantaine de personnalités le clame dans une tribune publiée dans Le Monde, vendredi 19 janvier, au lendemain du lancement des états généraux de la bioéthique.

"Une telle transaction commerciale (elle l'est toujours, même si l'on déguise le paiement en indemnité ou dédommagement) est contraire aux droits de la personne humaine", écrivent les signataires. La GPA "s'apparente à une forme de corruption (...) puisqu'elle attribue une valeur marchande et à l'enfant et à la vie organique de la mère de substitution", poursuit la tribune. "L'objet d'un tel commerce n'est pas seulement la grossesse et l'accouchement, c'est aussi l'enfant lui-même, dont la personne et la filiation maternelle sont cédées à ses commanditaires", estiment les signataires.

Sylviane Agacinski, José Bové, Eliette Abécassis, René Frydman...

Cette tribune est notamment signée par la philosophe Sylviane Agacinski, le professeur René Frydman, père du premier bébé éprouvette, José Bové, l'écrivaine Eliette Abécassis, l'ancienne ministre des Droits des femmes Yvette Roudy ou le biologiste Jacques Testart.

Pratique interdite en France et à laquelle le président Emmanuel Macron n'est pas favorable, la GPA sera abordée lors de ces états généraux. Ces débats pilotés par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) doivent nourrir la réflexion avant la prochaine loi bioéthique, attendue au Parlement à l'automne.