PMA pour toutes : malgré le feu vert en France, des couples préfèrent poursuivre leurs démarches à l'étranger

Olivier Véran a annoncé le déblocage de 8 millions d'euros afin de réduire l'attente pour obtenir une PMA en France. Face à la forte demande depuis la promulgation de la loi de bioéthique cet été, certaines femmes lesbiennes préfèrent poursuivre leur parcours à l'étranger.

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Radio France
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Opération d'injection dans un Centre d'études et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos). (FRED HASLIN / MAXPPP)

Cela fait trois ans déjà que Fanchon et sa femme tentent d'avoir un enfant par PMA en Belgique. En parallèle, elles ont quand même pris rendez-vous dans un Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos) en France : "La première phrase qu'on a entendue quand on a ouvert la porte, ça a été : 'On n'attendait plus que vous', se souvient Fanchon. Je peux vous dire que ça, quand on a fait des démarches en sous-marin, qu'on a eu des médecins maltraitants, quand on a vécu de la lesbophobie... Le soir, quand on rentrait chez nous, on pleurait pendant trois heures."

Malgré cette "fierté" d'avoir enfin en France la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, qu'elles soient hétérosexuelles, homosexuelles ou monoparentales, Fanchon ne lâchera pas son parcours entamé en Belgique : "Effectivement, je préfèrerais le faire en France, mais je suis aussi totalement consciente des délais. Et puis on vieillit... J'ai commencé mon parcours à 29 ans, j'en ai 32 aujourd'hui".

Un an pour obtenir un don de sperme

On estime qu'il faut attendre près d'un an aujourd'hui pour pouvoir faire une PMA en France. Depuis l'ouverture cet été, de la procréation médicalement assistée pour toutes, environ 3 500 demandes ont été recensées alors que le ministre de la Santé s'attendait "à un millier de demandes en plus en 2021". Olivier Véran a donc annoncé mardi 14 septembre que 8 millions d'euros seraient investis durant les trois prochaines années afin de mieux doter les structures spécialisées. En attendant, certaines femmes lesbiennes préfèrent continuer leur parcours à l'étranger, plutôt que de se lancer dans une PMA française. D'autant que les décrets d'application de la loi votée en juin sont attendus dans les prochains jours.

Un an d'attente pour obtenir un don de sperme : Audrey, elle aussi, joue sur deux tableaux. Avec sa compagne, elle poursuit ses démarches pour une PMA au Danemark, tout en prévoyant de prendre bientôt rendez-vous en France. Si elle salue l'investissement annoncé par le gouvernement, elle estime qu'il faut désormais faire preuve de pédagogie et "axer la communication sur le don de gamètes, c'est là où le bât blesse en France. Expliquer comment donner, les droits et les devoirs que cela implique... ". 

Cet enjeu est majeur, notamment depuis l'annonce d'une levée prochaine de l'anonymat. Le gouvernement dit avoir conscience de la problématique, et promet pour l'automne une grande campagne pour inciter les donneurs de gamètes.

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