Manif anti-PMA pour toutes : 74 500 personnes ont défilé à Paris, selon un comptage indépendant

L'ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples lesbiens et célibataires a été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale. Le texte doit être examiné au Sénat à partir du 15 octobre.

Manifestation des anti-PMA pour toutes à Paris, le 6 octobre 2019.
Manifestation des anti-PMA pour toutes à Paris, le 6 octobre 2019. (LAURE BOYER / HANS LUCAS)

Ils affirment "défendre les enfants et la filiation". Près de 74 500 personnes opposées à l'ouverture à la PMA pour les couples lesbiens et les femmes célibataires ont défilé à Paris, dimanche 6 octobre. Ce chiffre est le résultat d'un comptage indépendant réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont franceinfo.

De leurs côtés, les organisateurs ont comptabilisé 600 000 manifestants. La préfecture de police de Paris avance, elle, le chiffre de 42 000 personnes. A titre de comparaison, 100 000 manifestants avaient défilé en France lors de la première action contre le mariage gay en novembre 2012.

"Un avertissement au gouvernement"

Agitant des drapeaux vert et rouge "Liberté Égalité Paternité", les manifestants ont marché dans le calme depuis les Jardins du Luxembourg, près du Sénat, jusqu'au pied de la Tour Montparnasse, à l'appel d'un collectif d'une vingtaine d'associations, dont la Manif pour tous. "Cette manifestation, c'est un avertissement au gouvernement. Ouvrira-t-il le dialogue ou restera-t-il comme Hollande en 2012 dans le mépris ?", a déclaré la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, avant le départ du cortège.

Dans sa ligne de mire, l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, promesse de campagne d'Emmanuel Macron et mesure phare de la loi bioéthique adoptée en première lecture le 27 septembre par l'Assemblée nationale.

Même si la grande majorité des études, réalisées pour l'essentiel à l'étranger, concluent que les enfants nés par PMA dans des familles homoparentales grandissent dans d'aussi bonnes conditions que les enfants élevés dans des familles hétérosexuelles, les opposants réfutent leur "scientificité". De nombreux manifestants affirment aussi mener un combat "écologique" en s'opposant à la PMA. "On nous dit de respecter la nature, ce qui est biologique, mais pour l'homme, on a l'impression que tout est permis", dit Patrick, 53 ans, cadre dans l'industrie pharmaceutique. 

Des contre-manifestants encerclés par la police

Sur Twitter, des journalistes, militants antifascistes et queer, soutiens de l'ouverture à la PMA pour toutes, ont tenté de rejoindre la manifestation, mais ont été bloqués par les forces de l'ordre et des membres du service d'ordre de la manifestation.

Dans le même temps, plusieurs familles homoparentales ont publié sur Twitter des photos de leurs enfants, sous le hashtag #despaillettesdansnosvies pour soutenir l'ouverture de la PMA à toutes les femmes et faire part de leur réalité.

En fin de soirée, La Manif pour tous a annoncé de futures actions le 1er décembre, 19 janvier, 8 mars et 17 mai prochains. Le 8 mars est la Journée internationale des droits des femmes, et le 17 mai est la Journée mondiale contre la transphobie.