Une députée critique "un puissant lobby LGBT à l'Assemblée" et se fait mettre une "dernière" fois en garde par LREM

Dans un tweet portant sur la procréation médicalement assistée, Agnès Thill évoquait "un puissant lobby LGBT à l'Assemblée nationale", tout en arguant que "l'Assemblée nationale n'est pas la France".

La députée Agnès Thill sur les bancs de l\'Assemblée nationale, à Paris, le 16 janvier 2018.
La députée Agnès Thill sur les bancs de l'Assemblée nationale, à Paris, le 16 janvier 2018. (MAXPPP)

La République en marche a mis une "dernière" fois en garde, jeudi 8 novembre, la députée Agnès Thill "contre les excès" de ses "prises de position publiques", après des propos concernant un supposé "lobby LGBT à l'Assemblée nationale". Tout est parti d'un tweet de la députée LREM de Paris Elise Fajgeles invitant ses followers à débattre dans le cadre d'"un café citoyen sur l'ouverture de la PMA". 

Agnès Thill répond alors : "Est-ce 's'informer' s'il n'y a qu'une version donnée ? Nos juristes et experts auditionnés étaient partagés 50/50 sur le sujet, par exemple l'argument 'égalité en droits' ne tient plus. L'objectivité est de mise, ou bien c'est de la propagande", prévient l'élue LREM de l'Oise. "Tu es la bienvenue pour débattre avec nous Agnès !" lui répond alors Elise Fajgeles. 

Remontée, Agnès Thill rétorque qu'elle ne souhaite débattre qu'"en circo" (circonscription). Elle poursuit : "Il y a un puissant lobby LGBT à l'Assemblée et l'Assemblée nationale n'est pas la France. Ici, les avis sont tout autres."

"Sémantique homophobe"

Dans un courrier que l'AFP s'est procuré, et posté sur Twitter par une journaliste de Libération, le patron par intérim de LREM, Philippe Grangeon, et celui du groupe de députés, Gilles Le Gendre, condamnent "avec la plus grande fermeté" le tweet de la députée de l'Oise. Ces propos "contreviennent aux valeurs" du parti, estiment Philippe Grangeon et Gilles Le Gendre en ajoutant que "les termes de 'lobby LGBT' relèvent d'une sémantique homophobe".

Tes propos n'expriment pas une conviction. Ils constituent une mise en cause insidieuse de certains de nos collègues.Philippe Grangeon et Gilles Le Gendredans une lettre adressée à Agnès Thill

Dans un autre tweet, Agnès Thill dit par la suite "regrette[r] [s]es propos qui ont pu heurter certains de [s]es collègues et d'autres". "Je ne juge aucune vie personnelle. Revenons sur le fond. Et que chacun puisse s'exprimer sereinement. Je m'y engage", ajoute-t-elle.

"Nous avons pris note des 'regrets' que tu as exprimés par la suite. Des excuses en bonne et due forme auraient été plus appropriées", écrivent aussi Philippe Grangeon et Gilles Le Gendre. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a pour sa part qualifié le tweet d'Agnès Thill d'"absolument inacceptable".

Agnès Thill a plusieurs fois exprimé des critiques quant à l'extension de la PMA à toutes les femmes, une mesure soutenue par Emmanuel Macron durant la campagne. Elle avait aussi fait polémique sur Twitter en juillet en répondant à un internaute favorable à l'euthanasie : "Le suicide n'est pas interdit en France."