Pologne : une cinquantaine d'interpellations après l'arrestation d'une militante LGBT

Les activistes ont se sont heurtés à la police en tentant d'empêcher l'arrestation d'une militante LGBT, après l'injonction par un tribunal de l'incarcérer pour deux mois en détention préventive. La militante est accusée de dégradations et de violence envers une militante anti-avortement.

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Une cinquantaine de militants LGBT ont été arrêtée par la police polonaise, vendredi 7 août 2020, à Varsovie. (JANEK SKARZYNSKI / AFP)

Le combat des minorités sexuelles pour faire valoir leurs droits reste difficile en Pologne. Une cinquantaine de manifestants ont été interpellés vendredi 7 août au soir alors qu'ils tentaient de stopper l'arrestation d'une militante des droits LGBT à Varsovie, a indiqué samedi 8 août la police polonaise.

"Quarante-huit personnes ont été interpellées. Les procédures seront menées avec la participation des avocats de la défense. Elles seront également menées en rapport avec des insultes proférées envers un policier ainsi qu'avec des dommages faits à la voiture de police", a déclaré la police de Varsovie sur Twitter.

Les interpellés se sont heurtés à la police en tentant d'empêcher l'arrestation d'une militante LGBT, connue sous son nom de Margo, après l'injonction par un tribunal de l'incarcérer pour deux mois en détention préventive. La militante est accusée d'avoir causé des dommages à un van portant des inscriptions homophobes à Varsovie en juin, et d'avoir volontairement poussé une bénévole d'une fondation anti-avortement possédant le van. 

Protestations de l'opposition

Margo, qui s'identifie comme femme, a été déférée sous son identité masculine devant un tribunal. "Dès que l'homme a été arrêté et conduit dans la voiture de police, un groupe de personnes a sauté sur la voiture de police", a déclaré le porte-parole de la police de Varsovie. "Dans ce cas, a-t-il poursuivi, nous avons pris des mesures pour assurer à la fois la sécurité des policiers, du détenu et la sécurité de la basilique Sainte-Croix, car l'église était la cible de certaines de ces personnes."

La détention préventive, habituellement utilisée pour éviter qu'un nouveau crime soit commis, est une mesure "répressive", selon la militante citée par l'agence de presse PAP avant son arrestation. Margo fait partie d'un groupe d'activistes nommé "Stop à l'absurdité", suspecté d'avoir décoré plusieurs monuments de Varsovie dont une statue de Jésus-Christ avec des drapeaux LGBT.

L'arrestation a provoqué des protestations des politiciens de l'opposition. "J'aimerais bien voir les criminels dangereux poursuivis aussi ardemment que les militants", a déclaré vendredi Hanna-Gil Piatek, une élue de gauche présente à la manifestation.

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