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Lutte contre l'homophobie et la transphobie à l'école : deux heures d'échanges avec une association peuvent changer la donne

Une intervention de deux heures d'une association comme SOS homophobie peut changer la donne en matière d'inclusion des élèves LGBTI+, note un rapport de l'OCDE. L'étude plaide pour "un soutien renforcé aux associations".
Article rédigé par franceinfo - édité par Cyrille Ardaud
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Un stand de l'association SOS Homophobie, à Perpignan (Pyrénées-Orientales). (JC MILHET / HANS LUCAS)

Deux heures d'échanges avec une association, comme SOS homophobie, peuvent changer la donne pour l'inclusion des élèves LGBTI+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes) à l'école, révèle un rapport de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) publié ce mercredi.

Cette étude a été réalisée en France, de 2018 à 2022, en interrogeant plus de 10 000 élèves âgés de 13 à 18 ans, pour mesurer l'impact des interventions en mileu scolaire de SOS homophobie, principale association française luttant contre les discriminations et les violences anti-LGBTI+.

Des interventions ni trop courtes, ni contreproductives

C'est l'une des conclusions de ce rapport : "Améliorer durablement l’ouverture des élèves à l’inclusion LGBTI+ au cours de deux heures d’échanges structurés mais sans tabou est possible." L'étude balaye deux idées reçues. Ces interventions ne sont pas trop courtes pour avoir un impact, ni contreproductives malgré les propos homophobes ou transphobes qui peuvent y être exprimés.

Dans les collèges, l'intervention de SOS homophobie augmente de 20% la part des élèves qui ont conscience des conséquences du harcèlement anti-LGBTI+. Dans les lycées, les améliorations sont multiples à la suite des échanges avec l'association : prise de conscience des conséquences du harcèlement anti-LGBTI+, mais aussi la compréhension de ce que être LGBTI+ signifie et l’attitude à l’égard des personnes LGBTI+.

Libérer la parole

Plus globalement, ces interventions permettent de libérer la parole au sujet des personnes LBGTI+. La part des élèves qui en parlent avec le personnel scolaire passe de 14% à 22%, soit une augmentation de 60%. "Les dynamiques de groupes négatives sont moins probables dans les établissements où SOS homophobie est intervenue au moins une fois au cours des 5 dernières années", note également l'étude de l'OCDE. Entre 2018 et 2022, 30 000 élèves de la 5e à la Terminale ont bénéficié des séances avec SOS homophobie dans le cadre de son agrément avec le ministère de l'Education nationale.

Des associations pas suffisamment développées pour généraliser les interventions

"Ces résultats soulignent la pertinence des actions de sensibilisation auprès des élèves de collège et de lycée pour prévenir le harcèlement anti-LGBTI+", explique le rapport de l'OCDE. "Le contact direct des élèves avec des personnes LGBTI+ est une expérience unique que la sensibilisation par les enseignants ne semble pouvoir totalement remplacer", poursuit l'organisation qui note cependant que "les associations telles que SOS homophobie sont insuffisamment développées pour généraliser [les interventions] à l’ensemble des élèves".

L'OCDE plaide pour "une meilleure évaluation des besoins et une coordination accrue avec les associations LGBTI+", "un suivi régulier du personnel éducatif formé et du climat scolaire dans les différents établissements du secondaire" et "un soutien renforcé aux associations pour les aider à professionnaliser leurs actions".

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