Le procès rare du viol d'une prostituée trans et sans-papiers s'ouvre mardi

Ces femmes transgenres, sans-papiers, qui se prostituent portent rarement plainte. Elles sont pourtant régulièrement victimes de violences.

Article rédigé par
Gaële Joly - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des prostituées attendent au bois de Boulogne (illustration). (THOMAS SAMSON / AFP)

C'est un procès rare qui démarre à la cour d'assises de Paris, mardi 16 mars : celui d'un homme accusé d'avoir violé une prostituée péruvienne transgenre et sans-papiers. Un procès rarissime, car ces femmes fragiles déposent rarement plainte et les investigations peinent à aboutir. C'est souvent la même histoire qui revient : des femmes venues du Pérou, d'Équateur ou de Colombie, prostituées au bois de Boulogne, à Paris, et victimes d'agressions et de violences.

Lors de ce procès, Christina fait face à celui qu'elle accuse de viol, en novembre 2018. Il est retrouvé grâce à la vidéosurveillance. Une parole rare, explique son avocat, maître Julien Fournier : "Elle a déposé plainte tout de suite après les faits, elle a été prise en charge par la police judiciaire. Les agents ont pu l'emmener à l'hôpital. Elle a appelé au secours, dans un contexte instinctif, de protection de soi. Et elle a été entendue."

"Une grande partie des violences que subissent les personnes trans ne sont jamais dénoncées. C'est une impunité totale !"

Giovanna Rincon, directrice de l'association Acceptess-T

à franceinfo

Pourtant, ces femmes sont souvent invisibles, ce sont des cibles faciles, se désole Giovanna Rincon, directrice de l'association Acceptess-T, qui défend les droits des personnes transgenres : "Personne ne viendra défendre les personnes trans." Mais avec ce procès, la cause avance, estime Giovanna Rincon. Une parole jusque- là invisible, selon elle, mais que les juges commencent à prendre en compte.

Le procès de Cristina démarre un an après la mort de Jessyca Sarmiento, une prostituée péruvienne transgenre renversée par un automobiliste dans le bois de Boulogne. L'acte était délibéré, selon des témoins. En août 2018, c'est Vanesa Campos, elle aussi péruvienne, qui avait été retrouvée agonisante, près de son abri de fortune, quelques draps tendus dans le bois. Neuf hommes doivent être jugés aux assises, dont trois pour meurtre.

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