Hongrie : la loi anti-LGBT est "un enfumage au moment où Viktor Orban est très embêté par des faits de corruption", estime un eurodéputé LREM

Des milliers de Hongrois sont attendus dans les rues de Budapest ce samedi dans le cadre d'une marche annuelle des fiertés pour protester contre une loi anti-LGBT. 

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Radio France
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Une manifestation contre la loi anti-LGBT à Budapest le 14 juin 2021.  (GERGELY BESENYEI / AFP)

Pierre Karleskind, député européen LREM, a expliqué samedi 24 juillet sur franceinfo que la loi anti-LGBT en Hongrie était "un enfumage au moment où" le Premier ministre Viktor Orban "est très embêté" par "des faits de corruption à son égard". Le député est à l’initiative d’une résolution adoptée au Parlement européen, déclarant l’Union européenne comme une zone de liberté pour les minorités homosexuelles et transsexuelles. Une marche des fiertés sous haute tension est organisée ce samedi à Budapest. Alors que Bruxelles a lancé une procédure d'infraction contre la Hongrie, Viktor Orban veut désormais organiser un référendum sur sa dernière loi anti-LGBT.

franceinfo : Pourquoi Viktor Orban s'est-il lancé dans une croisade anti-homosexuels ?

Pierre Karleskind : C'est plus Viktor Orban que la Hongrie elle-même. Budapest est une ville progressiste. Il y a Orban qui a un agenda politique, qui essaye d'emmener son pays derrière et qui d'ailleurs, a commencé il y a plusieurs années, quand il est arrivé au pouvoir en détricotant petit à petit un certain nombre de droits qui étaient acquis. Il y a quelques mois, certaines communes se sont déclarées des zones sans LGBT, comme en Pologne. Au Parlement européen, on a réagi en disant "nous sommes dans l'Union européenne, nous sommes une zone de droit, nous sommes une zone de liberté".

Comment contraindre Orban à revenir en arrière ?

Il y a un droit européen qui consacre un certain nombre de choses. Cette loi qui veut interdire la propagande homosexuelle dans les crèches, les écoles maternelles donne juste une obligation aux parents d'éduquer leurs enfants dans un sens. En fait, c'est une forme d'interdiction sur la liberté d'éduquer pour les parents. Mais au delà de ça, il y a simplement un certain nombre de questions de liberté d'expression, si un auteur veut dans une bande dessinée pour enfants évoquer la question de l'homosexualité. Demain, par exemple, sur les programmes pour enfants sur Netflix en Hongrie, il sera interdit de montrer des couples de même sexe. C'est une infraction à la liberté d'expression, à la liberté de création. Et donc, on a un certain nombre d'arsenaux. La Commission va lancer des procédures d'infraction sur ces éléments-là.

Pourtant Viktor Orban trouve un certain écho dans la population ?

Viktor Orban joue depuis son élection sur une espèce de récit national. En gros, il y a quelques figures qu'il faut éliminer. George Soros, les technocrates bruxellois, les migrants et les homosexuels. Chacun en prend pour son grade au fur à mesure des ambitions politiques de Viktor Orban. Il a des élections l'année prochaine et comme bon populiste conservateur qu'il est, il fait le choix de se trouver de nouveaux ennemis, car bien entendu Viktor Orban est le grand défenseur de l'identité hongroise qui ne saurait s'embarrasser d'homosexuels, de migrants, de technocrates bruxellois et de George Soros. Tout cela, c'est un enfumage au moment où il est très embêté par le fait que de plus en plus sont mis en avant des faits de corruption à son égard, du népotisme, de favoritisme. Et puis, l'affaire Pégasus, ni plus ni moins, où Il espionne ses voisins, chefs d'État, journalistes. En gros, tout ce qui fonde l'État de droit dans l'Union européenne, il est en train de marcher dessus.

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