"Je n'avais pas imaginé une telle homophobie en France" : les athlètes répondent à la polémique en marge des Gay Games

Le gérant d'une société, chargée de fournir les boissons pour une soirée en marge des Gay Games de Paris, a tenu des propos homophobes sur son compte Twitter. 

RADIO FRANCE / FRANCEINFO

Une polémique gronde en marge des Gay Games qui se tiennent à Paris du 4 au 12 août. Cette compétition sportive mondiale qui fait la promotion de la diversité rassemble 10 000 participants venus de 91 pays différents. Un événement militant qui a pour but de déconstruire les stéréotypes et de lutter contre la haine envers les personnes LGBT. Mais le message n'a pas été compris par tout le monde.

Mardi 7 août, l'association Pink Hockey, organise à Paris, une soirée en marge des Gay Games pour réunir tous les participants à la compétition officielle de hockey sur gazon pour cette soirée. Un contrat avait été passé avec la société Barnum basée dans les Hauts-de-Seine, spécialisée dans la vente de boissons, mais le gérant de cette société a tenu des propos homophobes dans un tweet vendredi 3 août. 

Capture d\'écran du gérant de la société Barnum, le 7 août 2018. 
Capture d'écran du gérant de la société Barnum, le 7 août 2018.  (CAPTURE D'ECRAN TWITTER)

Dans son tweet, le gérant de la société Barnum, qui vend des boissons, semble regretter le contrat passé avec l'association Pink Hockey. Depuis, son compte Twitter est verrouillé. Il reste sa biographie qui est toujours en ligne et dans laquelle il affiche sa proximité avec le mouvement "Sens Commun" qui se bat contre le mariage pour tous. Mais, le message qui a mis le feu aux poudres en revanche a disparu et il est désormais inaccessible.

Ces propos ont immédiatement suscité l'incompréhension aux Gay Games. Dans le tournoi de hockey sur gazon dans le 16eme arrondissement, lundi 6 août, les Anglaises font face aux Irlandaises sur la pelouse d'Auteuil. À la fin du match, Etain, une joueuse de 34 ans, a du mal à faire comme si de rien n'était.

On souhaite des avancées dans leur société et c'est choquant de voir une telle homophobie, si démonstrative dans la ville de l'amour

Etain, joueuse de Hockey

à franceinfo

Un match de hockey sur gazon pendant les Gay Games de Paris 2018
Un match de hockey sur gazon pendant les Gay Games de Paris 2018 (FRANCEINFO)

Marc Knülle est arbitre international franco-allemand de hockey sur gazon. C'est lui qui a signé le contrat sans se douter des opinions du gérant de la société Barnum. "Je n'avais même pas imaginé qu'une telle homophobie puisse être possible en France. Cela m'a un peu choqué parce que, en Allemagne, on n'a jamais fait cette expérience-là. Et je pense aussi que c'est important parce que Paris est quand même une capitale mondiale importante qui va accueillir les Jeux Olympiques en 2024 et quel image va-t-elle donner avec une telle homophobie en France ? C'est n'importe quoi !", s'indigne Marc Knülle.

Avec les autres capitaines des équipes nous avons décidé que nous préférons boire de l'eau plutôt qu'une seule boisson de cette compagnie. Cela ne va pas nous gâcher cette superbe ambiance qu'on vit à Paris en ce moment.

Marc Knülle

à franceinfo

"Ce n'est pas avec des sportifs qu'on fait des trucs comme ça. Une chose que l'on n'aime pas, c'est de ne pas être fair-play", poursuit l'arbitre. Cet homme "ne pourra jamais être arbitre, parce que nous sur le terrain on fait des fautes et doit les assumer tout de suite", conclut Marc Knülle. Ce manque de fair-play suscite un élan de solidarité. Plusieurs bars du quartier du Marais à Paris vont fournir les boissons nécessaires aux hockeyeuses et hockeyeurs pour arroser fièrement leurs Gay Games. Le gérant de la société Barnum n'a pas souhaité répondre à franceinfo.

Polémique durant les Gay Games 2018 - reportage de Benjamin Illy
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Marc Knülle, arbitre international franco-allemand de hockey sur gazon, le 6 août 2018 à Paris, durant les Gay Games 2018.
Marc Knülle, arbitre international franco-allemand de hockey sur gazon, le 6 août 2018 à Paris, durant les Gay Games 2018. (CAPTURE ECRAN / FRANCEINFO)