En soutien à Gareth Thomas, le XV de France portera samedi des lacets arc-en-ciel : "une réponse à la hauteur"

Lors dun match France-Fidji, le XV de France arborera des lacets arc-en-ciel pour signifier son soutien à l'ancien international gallois agressé le week-end dernier. Il avait révélé son homosexualité en 2009.

Un joueur anglais porte des lacets arc-en-ciel lors d\'un match de rugby international face aux Samoa, en novembre 2017. 
Un joueur anglais porte des lacets arc-en-ciel lors d'un match de rugby international face aux Samoa, en novembre 2017.  (GLYN KIRK / AFP)

Pour la rencontre France-Fidji samedi 24 novembre au Stade de France, les rugbymen français porteront tous des lacets arc-en-ciel. Un geste de soutien à Gareth Thomas, ancien international gallois qui a été victime d’une agression homophobe le week-end dernier à Cardiff. L’ancien joueur, qui a joué notamment au Stade Toulousain et a fait son coming-out en 2009, a posté une vidéo sur son compte Twitter. Blessé au visage, il dit : "J’ai été victime dans ma ville d’une attaque en raison de mon orientation sexuelle". D’où ce geste des lacets arc-en-ciel : "Je suis très heureux et très fier que la fédération prenne cette initiative" a réagi sur franceinfo Pierre Rabadan, ancien joueur du Stade Français et désormais conseiller sport à la mairie de Paris.


franceinfo : Vous êtes agréablement surpris par cette inititative de la Fédération française de rugby ?


Pierre Rabadan : Oui, bien sûr, je suis très agréablement surpris. Cela fait suite à plusieurs réactions individuelles de certains joueurs. Des anciens coéquipiers de Gareth Thomas [il a joué au Stade Toulousain entre 2004 et 2007] ou des anciens adversaires dont je fais partie. Je crois que c’est une réponse à la hauteur d’un phénomène que l’on constate en ce moment, c'est à dire l’augmentation de ce type d’agression. Je suis très heureux et très fier que la Fédération prenne cette initiative et qu’elle soit relayée et vue par le plus grand nombre.

On parle souvent de l’homophobie dans le football. Dans le rugby c’est aussi une réalité ?

C’est difficile à dire. Je ne veux pas nier que cela doit exister. Je n’ai jamais été témoin de comportement homophobe. Notamment parce que j’étais dans un club où l‘ancien président, Max Guazzini, est homosexuel et c’est de notoriété publique. Le rugby est un sport qui a véhiculé un certain machisme pendant très longtemps. Mais le Stade Français et Max Guazzini ont participé au changement de regard sur ce sport-là avec tout à tas d’initiatives au début des années 2000. Je crois que cela a évolué mais il y a évidemment encore beaucoup à faire. Ne serait-ce que parce que certains joueurs comme Gareth Thomas ont dû attendre la fin de leur carrière pour faire leur coming-out; Cela veut dire qu’il y a quand même du progrès à faire pour que les homosexuels se sentent encore plus à l’aise dans la pratique sportive.

Est-ce qu’il faut encourager le coming-out personnel des joueurs ?

Je crois que c’est propre à chacun mais si cela amène à des situations gênantes pour le joueur, je pense que oui, il faut le dire. Cela soulèvera certainement des interrogations chez certains coéquipiers et certains partenaires. Mais je crois qu’aujourd’hui on est dans une époque où il faut être capable d’avoir ce genre de discussion et de mettre tout le monde à l’aise. L’idée, c’est que quand vous êtes dans une équipe tout le monde se sente bien. D’abord pour être performant sur le terrain mais aussi pour s’accomplir en tant que personne. Il y a certainement une sensibilisation à faire auprès des éducateurs et peut-être dès les catégories de 14-15 ans où on se pose des questions sur notre sexualité. Ce travail de sensibilisation est très important y compris au niveau des joueurs et dans les centres de formation.