Tanzanie : "Donnez-moi leurs noms", lance un gouverneur qui appelle à dénoncer les homosexuels

L'homosexualité est un crime en Tanzanie, puni d'une peine minimale de trente ans et pouvant aller jusqu'à la réclusion à perpétuité. 

Un homme marche dans la forêt de Jozani en Tanzanie, le 23 juillet 2008.
Un homme marche dans la forêt de Jozani en Tanzanie, le 23 juillet 2008. (MAXPPP)

"Mon équipe commencera à mettre la main sur eux lundi prochain." Le gouverneur de la province de Dar es Salaam en Tanzanie a lancé une campagne contre l'homosexualité, appelant les habitants à dénoncer les gays. "J'ai des informations faisant état de la présence de nombreux homosexuels dans notre province", a affirmé lundi 29 octobre Paul Makonda en conférence de presse. Le gouverneur a annoncé la création d'une équipe de surveillance spéciale, reprend BBC News (en anglais). "Ces homosexuels s'en vantent sur les réseaux sociaux. A partir d'aujourd'hui [lundi] jusqu'à dimanche, donnez-moi leurs noms", a-t-il demandé à ses administrés. 

Je sais que lorsque je dénonce l'homosexualité, il y a des pays qui sont fâchés contre moi. Mais je préfère courroucer ces pays que courroucer Dieu.Le gouverneur de Dar es Salaamlors d'une conférence de presse

Le gouverneur, de confession chrétienne, a exhorté ses concitoyens à soutenir sa campagne contre l'homosexualité qui, selon lui, "foule au pied les valeurs morales des Tanzaniens et de nos deux religions chrétienne et musulmane". Depuis l'élection du président John Magufuli en octobre 2015, une véritable rhétorique officielle dénonçant l'homosexualité, aussi bien masculine que féminine, s'est développée. En juin 2017, le chef de l'Etat avait affirmé que "même les vaches" réprouvent les pratiques homosexuelles.

Quelques jours plus tard, le gouvernement avait menacé d'arrêter tous les défenseurs des homosexuels et promis d'expulser les étrangers qui militeraient pour leurs droits. Il avait mis cette menace à exécution en octobre 2017 en expulsant vers leur pays d'origine trois Sud-Africains accusés de "promouvoir" le mariage homosexuel. La même année, il avait ordonné la fermeture de centres de santé spécialisés dans la lutte contre le sida, accusés de "promouvoir l'homosexualité". L'homosexualité constitue un crime en Tanzanie, puni d'une peine minimale de 30 ans et pouvant aller jusqu'à la prison à perpétuité.