Les militaires ont perçu 350 millions d'euros en trop à cause de Louvois

Selon un haut responsable de la Défense, auditionné fin octobre par le Sénat, les dysfonctionnements du logiciel de paie Louvois ont poussé le ministère de la Défense à verser 359 millions d'euros de soldes en trop aux militaires entre 2011 et 2013. Une campagne de récupération des trop-perçus a été lancée.

(Le ministère de la Défense a versé 359 millions d'euros en trop à ses troupes à cause de Louvois.)

C'est le journal économique La Tribune qui a mis le doigt sur cette audition du secrétaire général pour l'administration du ministère de la Défense par la commission ad hoc du Sénat. Le 27 octobre dernier, Jean-Paul Bodin, a expliqué aux parlementaires qu'à l'encontre de l'idée reçue selon laquelle les "bugs" du logiciel de paie Louvois avaient ruiné les militaires, le ministère de la Défense a en fait beaucoup trop payé ses troupes. Et cela même si de nombreux cas inverses se sont aussi produits.

Selon lui, ce ne sont pas moins de 359 millions d'euros qui ont été versés en trop aux militaires entre 2011et 2013 : "Pour l'armée de terre, ces sommes représentent 78 millions d'euros sur 2011-2013 et 200 millions d'euros sur 2013-2014. Pour la marine, ce sont respectivement 25 millions d'euros pour 2013 et 14 millions d'euros pour 2014, pour le service de santé des armées, 27 millions d'euros pour 2013 et 15 millions d'euros pour 2014 ", a détaillé Jean-Paul Bodin.

"Nous faisons tout ce qui est possible pour récupérer les sommes indûment versées"

Le ministère a donc entamé une campagne pour récupérer ces sommes auprès de ceux qui ont été trop payés. Déjà bien menée sur les premières années d'errements du calculateur fou, elle se poursuivra sur 2015 : "Nous faisons tout ce qui est possible pour récupérer les sommes indûment versées , mais il s'avère que certains payeurs publics ont des difficultés notamment lorsque les personnes qui ont quitté les armées sont au chômage" , a-t-il justifié. Mais il a ajouté que le Trésor public a les moyens de récupérer l'argent.

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Si le symptôme est traité, le ministère s'attaque aussi au mal à la racine en tentant de le corriger : "Pour ce qui concerne le logiciel, nous continuons à corriger les difficultés. Nous avons consacré 5 millions d'euros à des versions correctives en 2014 pour traiter des dysfonctionnements ". Mais l'opération est là aussi compliquée car le ministère tente de lisser les dettes de son personnel pour éviter que certains soldats ne reçoivent des bulletins de solde négatifs du plus mauvais effet sur le moral, dans un contexte déjà plombé par les économies.