Les "faux souvenirs induits" dans le collimateur de la Miviludes

La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires remet ce matin son rapport annuel au Premier ministre. Dans ce document d'environ 200 pages, la Miviludes révèle un phènomène en pleine expansion : les faux souvenirs induits.

(Radio France © France Info)

Ils se présentent comme des psychothérapeutes. En fait, ce sont des charlatans qui manipulent leurs patients et leurs font croire qu'ils ont été victimes de maltraitances voire d'inceste dans leur enfance. Une manipulation mentale très proche de celle pratiquée par les sectes.

La Miviludes s'inquiète du développement de ce phénomène et souligne la multiplication d'initiatives associatives de défense "de familles déchirées". Le rapport dresse le portrait robot des vicimes, à 80% des femmes jeunes et psychologiquement vulnérables qui ont pour la plupart suivi des études supérieures. La plupart ont fait une démarche d'accompagnement psychothérapeutiques. C'est dans ce cadre que la manipulation mentale a eu lieu. Sophrologie, hypnose, psychogénéalogie, gestalthérapie ou yoga méditation sont les principales méthodes utilisées par ces charlatans.

Les conséquences du syndrome du faux souvenir induit se traduisent souvent par la mise en cause calomnieuse de personnes de l'entourage des supposées victimes, par des plaintes en justice et des séismes familiaux. Les victimes sont destabilisées, souvent détruites par l'oeuvre des soi-disants psychothérapeutes.

La Miviludes préconise la mise en place de mesures rapides de protection de l'individu et des évaluations indépendantes des professionnels de l'accompagnement psychologique.

Anne Jocteur Monrozier