Les députés unanimes contre l’exclusion des homosexuels du don du sang

L'Assemblée nationale a voté vendredi à l'unanimité un amendement contre l'exclusion des homosexuels du don du sang, proclamant que "nul ne peut être exclu du don de sang en raison de son orientation sexuelle".

(Depuis 1983, les homosexuels sont exclus à vie de la collecte du sang © Maxppp)

 La décision ne changera concrètement pour le moment pas grand-chose, mais le texte était réclamé de longue date par les associations de défense des droits des personnes transexuelles, bisexuelles et homosexuelles.

Interdits à vie de donner leur sang

Depuis 1983, les homosexuels sont exclus à vie de la collecte du sang en France en raison d'un risque accru de contamination par le virus du sida. Ce vendredi, les députés ont voté à l’unanimité un amendement contre l'exclusion des homosexuels du don du sang, proclamant que "nul ne peut être exclu du don de sang en raison de son orientation sexuelle".

Lever les discriminations relatives à l’orientation sexuelle

L'amendement, présenté par le député UDI Arnaud Richard, a reçu un avis favorable de la ministre de la Santé Marisol Touraine, bien qu'il soit, a-t-elle dit, juridiquement dépourvu de portée pratique, le sujet relevant d'un arrêté et non de la loi. La position du gouvernement, a-t-elle dit, est "de lever les discriminations relatives à l'orientation sexuelle, et de leur substituer un critère de comportement sexuel s'appliquant à l'ensemble des donneurs potentiels".

Contre l’avis du CNNE

La ministre a annoncé avoir déjà reçu "les préconisations" d'experts que le Comité consultatif national d'éthique avait jugé nécessaires, sur les risques épidémiologiques. Ceux-ci ont proposé en particulier de remplacer l'exclusion définitive par une exclusion de 12 mois, à l'image de ce qui se fait dans beaucoup de pays, a-t-elle dit. Dans un avis rendu mardi, le CCNE avait estimé que l'exclusion permanente des homosexuels du don du sang devait être maintenue, dans l'attente d'une réflexion collective et de nouvelles recherches. C’est maintenant au tour du Sénat d’examiner le texte…