Un quotidien belge affiche des commentaires racistes en une pour les dénoncer

Après le partage d'un article de "De Morgen" sur la mort accidentelle d'un adolescent d'origine marocaine, les messages racistes ont déferlé sur les réseaux sociaux. Ce quotidien néerlandophone a décidé de les publier pour ouvrir le débat.

La une du \"Morgen\", datée du 3 août 2016, titrée \"Le racisme sans honte\". 
La une du "Morgen", datée du 3 août 2016, titrée "Le racisme sans honte".  (DE MORGEN)

Comment lutter contre le racisme ? Le quotidien belge néerlandophone De Morgen a publié sur la une de son édition du mercredi 3 août les commentaires racistes les plus choquants rédigés sur les réseaux sociaux après la mort d'un jeune belge d'origine marocaine.

Ramzi Mohammad Kaddouri était un adolescent de 15 ans, vivant à Limburg, en Flandre (Belgique). Il est mort le 30 juillet dans un accident de quad, lors de ses vacances au Maroc. Son décès relayé par les médias a donné lieu à de nombreux commentaires racistes et haineux sur les réseaux sociaux, rapporte Courrier international.

Lundi, la Ligue de défense flamande a partagé un article annonçant la mort du jeune homme, accompagné du commentaire : "Est-ce que c’est cela le Flamand type aujourd’hui ?" Le message a été supprimé depuis, indique Le Soir, qui constate une "déferlante raciste" après le décès de ce jeune homme décrit comme "charmant et engagé".

"LOL, c'était un attentat-suicide ?"

Pour l'éditorialiste du Morgen, Ramzi Mohammad Kaddouri est "mort deux fois" après ce lynchage sur les réseaux sociaux. Sous le titre "Le racisme sans honte", le quotidien publie des exemples de messages repérés sur les réseaux sociaux après la mort du jeune homme. Ces commentaires apparaissent de plus en plus flou sur la une, accompagnés d'un émoji représentant la colère. Courrier internationnal en a traduit certains : "Si ça c’est un Flamand, je suis Saint-Nicolas" ; "Malheureusement, la plupart des Flamands ressemblent désormais à ça, avec leur face de singe" ; "LOL, c’était un attentat-suicide ?"

Les attentats, la crise des réfugiés et la stagnation économique attisent visiblement la peur et font disparaître toute honte.Tine Peetersdans "De Morgen"

Le quotidien a donc décidé de publier ces commentaires pour ouvrir un débat politique. L'éditorialiste constate par ailleurs que certains internautes "n’ont même pas pris la peine de se cacher derrière de faux noms". Le Monde rappelle que la classe politique flamande a unaniment condamné ces messages racistes.

Mais pour la journaliste du Morgen, ces réactions sont pour le moins hypocrites. "Ils se bousculaient pour condamner les discours de haine, c’en était presque pathétique, écrit Tine Peeters. S’ils pensent vraiment ce qu’ils disent, voici ce qu’ils doivent faire. Ils doivent faire leur examen de conscience et se demander si les mots qu’ils ont été prononcés ces derniers mois n’ont pas repoussé la limite de ce que l’on considère comme autorisé à dire publiquement."