La réforme du lycée ou les agressions dans les établissements scolaires génèrent des tensions dans l'Education

Plusieurs autres causes peuvent aussi être mises au rang des crispations du monde enseignant, en grève le 12 mars prochain.Ainsi, suppressions de postes prévues en 2010, réforme de la formation des enseignants, remplacements aléatoires des professeurs absents, sont autant d'éléments à prendre en compte pour comprendre le malaise de la profession.

Des enseignants et des lycéens d\'Ile-de-France manifestent le 18 février 2010 à Paris.
Des enseignants et des lycéens d'Ile-de-France manifestent le 18 février 2010 à Paris. (AFP/JACQUES DEMARTHON)

Plusieurs autres causes peuvent aussi être mises au rang des crispations du monde enseignant, en grève le 12 mars prochain.

Ainsi, suppressions de postes prévues en 2010, réforme de la formation des enseignants, remplacements aléatoires des professeurs absents, sont autant d'éléments à prendre en compte pour comprendre le malaise de la profession.

Les suppressions de postes
Alors que plus de 30.000 suppressions de postes ont eu lieu entre 2007 et 2009, 16.000 sont prévues en 2010, conséquence du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux parti à la retraite. Traduction: une baisse de la "dotation" en heures de cours que reçoit en ce moment chaque établissement pour la rentrée 2010. Conséquences: la réduction de l'offre éducative, la dégradation des conditions de travail et la désorganisation du secteur, selon les syndicats.

La réforme de la formation des enseignants
Les futurs enseignants seront recrutés après l'obtention d'un master universitaire (bac+5). La réforme prévoit égalelent de supprimer l'année rémunérée de fonctionnaire stagiaire, remplacée par des stages pendant le master. La crainte des syndicats est que les nouveaux titulaires soient astreints à un service à temps plein dès la rentrée, ce qui n'a jamais été le cas jusqu'alors. Selon eux, leur remplacement pendant qu'ils seront en stage nécessitera un "bricolage".

Le remplacement des professeurs absents
Selon les syndicats, le nombre des titulaires-remplaçants diminue et ils sont de plus en plus affectés à des postes à l'année. D'où le recours, dans le second degré, à des vacataires ou contractuels. En Seine-Saint-Denis, le problème concerne aussi les écoles, où le rectorat a fait appel à des étudiants. Le ministre de l'Education dit vouloir "enrichir" le vivier des remplaçants, en partenariat avec Pôle emploi, en faisant appel à des professeurs retraités ou des étudiants préparant les concours. Les syndicats dénoncent un "nouveau recours aux précaires".

La réforme du lycée
Elle doit permettre des réorientations jusqu'en 1re, la revalorisation de la filière littéraire, la spécialisation des terminales pour mieux préparer les lycéens à l'enseignement supérieur, tout en créant deux heures par semaine d'"accompagnement personnalisé". Ses détracteurs dénoncent les diminutions d'horaires de certaines disciplines, l'autonomie des établissements et une réforme "faite pour supprimer des postes".

L'insécurité
Après plusieurs agressions de lycéens dans le Val-de-Marne, les enseignants réclament d'abord davantage de surveillants. Luc Chatel répond par l'accélération du "plan de sanctuarisation" des établissements et la tenue d'Etats généraux de la sécurité à l'école en avril.