Population en hausse, naissances en baisse... Quatre graphiques à retenir du bilan démographique 2016 de l'Insee

La France comptait 66,9 millions d'habitants au 1er janvier 2017, selon l'Insee.

Un bébé pris en photo le 17 septembre 2013 à la maternité de l\'hôpital de Lens (Pas-de-Calais).
Un bébé pris en photo le 17 septembre 2013 à la maternité de l'hôpital de Lens (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Comment se portent la France et ses quelque 66,9 millions d'habitants décomptés début 2017 ? Pas si mal, à en croire le bilan démographique de l'Insee publié mardi 17 janvier. Par rapport à 2016, la population globale est en hausse, une progression essentiellement due au solde naturel. Dans le détail, le nombre de naissances est en baisse mais reste élevé, alors que l'espérance de vie des Français remonte sensiblement.

Voici les quatre principaux enseignements à retenir de cette étude.

La population augmente

Premier chiffre à retenir : la France comptait 66,991 millions d'habitants au 1er janvier 2017, selon l'Insee. Au cours de l'année 2016, la population a augmenté de 265 000 personnes, soit une hausse de 0,4%.

Avec 13% de la population de l'Union européenne, la France était en 2016 le deuxième pays le plus peuplé après l'Allemagne (16% de la population de l'UE).

La progression de la population, soulignent les statisticiens, est principalement due au solde naturel (résultant de la différence entre le nombre de naissances et de décès), qui se traduit par 198 000 personnes en plus. Ce solde naturel est toutefois en baisse : c'est le plus faible enregistré depuis 1976. Le solde migratoire, lui, est estimé à 67 000 personnes supplémentaires en 2016.

Le nombre de décès a atteint 587 000 en 2016. Après avoir augmenté en 2015, il baisse légèrement en 2016 (-7 000). L'Insee note une "tendance à la hausse amorcée au début des années 2010, du fait de l'arrivée des nombreuses générations du baby-boom à des âges de forte mortalité".

Le nombre des naissances baisse

En revanche, et pour la deuxième année consécutive, le nombre de naissances diminue : 785 000 bébés sont nés en France en 2016, soit 14 000 de moins que l'année précédente (-1,7%).

Cette deuxième année de baisse ramène le nombre de naissances de 2016 à son niveau de 1999, sans pour autant atteindre le point bas de 1994.

Elle s'explique par la diminution de la population féminine en âge de procréer. Les femmes âgées de 20 à 40 ans, les plus fécondes, sont de moins en moins nombreuses depuis le milieu des années 1990 (8,4 millions en 2016, contre 9,2 millions en 1996).

L'indice conjoncturel de fécondité s'établit à 1,93 enfant par femme, en baisse par rapport à 2015 (1,96) et 2014 (2). Mais la France reste tout de même, avec l'Irlande, le pays de l'Union européenne où la fécondité est la plus élevée.

L'espérance de vie remonte 

L'espérance de vie à la naissance, qui avait diminué en 2015, retrouve son niveau de 2014 : 85,4 ans pour les femmes et 79,3 ans pour les hommes.

L'écart d'espérance de vie entre hommes et femmes continue de se réduire : il est de 6,1 ans en 2016, contre 7,9 ans en 1996. Il reste toutefois important par rapport à d'autres pays européens, relève l'Insee. "Aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, à Chypre et en Suède, l'écart d’espérance de vie entre les hommes et les femmes est de 4 ans en 2014 (6,2 ans pour la France en 2014)". 

La population française continue de vieillir : au 1er janvier 2017, "les personnes de 65 ans ou plus représentent 19,2% de la population, soit trois points de plus que dix ans auparavant".

Le mariage stagne, le nombre de pacs augmente

Le pacte civil de solidarité (pacs) poursuit sa progression : en 2015, quatre pacs ont été conclus pour cinq mariages célébrés. Les pacs entre les personnes de même sexe ont légèrement augmenté en 2015, après une baisse continue depuis 2011. Les données ne sont pas connues pour 2016.

Côté mariage, en 2016, 235 000 mariages ont été célébrés, dont 7 000 de personnes de même sexe. Une proportion quasi-égale à celle de 2013, date de l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe, et à 2015. En revanche, le nombre de mariages de personnes du même sexe a connu un boom en 2014.

Par ailleurs, si l'âge des mariés de sexe différent continue d'augmenter, celui des mariés de même sexe diminue légèrement. "Les mariages entre personnes de sexe différent, écrit l'Insee, sont toujours de plus en plus tardifs : en 2016, les hommes se marient en moyenne à 37,8 ans et les femmes à 35,3 ans, soit environ cinq ans plus tard qu’en 1996."