La liberté de la presse recule dans le monde

En cette journée internationale de la liberté de la presse, l’organisation Freedom House avance qu’en 2014, celle-ci a atteint son plus bas niveau en dix ans.

(Dans le rapport de Freedom House, 65 pays sur 199 sont décrits comme "non libres". © Maxppp)

Le rapport de Freedom House passe en revue la situation de la presse dans 199 pays. Parmi eux, 63 ont été qualifiés de “libres” pour les médias d’information, 71 ont été décrits comme “partiellement libres et 65  “pas libres”. Seulement 14% des habitants de la planète vivent dans un pays avec une presse libre, 42% dans un pays avec une presse partiellement libre et 44% dans des pays où la presse est totalement muselée. L’Europe reste la meilleure élève, malgré son important déclin depuis 10 ans. En cause notamment : le sort réservé aux journalistes en Russie.

Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, les “journalistes ont été confrontés en 2014 à une intensification des pressions émanant de toutes parts”. "Les gouvernements utilisent les lois sécuritaires et de lutte contre le terrorisme comme prétexte pour faire taire les voix critiques, les groupes de pression et les gangs criminels emploient des tactiques toujours plus éhontées pour intimider les journalistes, et les propriétaires de médias tentent de manipuler le contenu des informations pour servir leurs intérêts politiques ou économiques", rapoprte l'organisation.

"Depuis le début de l'année, dans le monde, 25 journalistes ont été tués" (RSF)

Alain Le Gouguec, journaliste à France Inter, et président de Reporters sans frontières pointe aussi une “régression” de la liberté de la presse, notamment sur les terrains de guerre, comme en Syrie avec des “enlèvements et assassinats”. "En 2013, le pourcentage de journalistes enlevés a augmenté de 129%, ce qui est absolument énorme. Depuis le début de l'année, dans le monde, on a 25 journalistes tués, peut-être 31 parce qu'on enquête actuellemnt sur la disparition de sept journalistes sur le sol libyen", rapporte Alain Le Gouguec.

“Il y a des lieux qui sont en proie au chaos on le sait, comme la Syrie, la Libye (...). Mais il ne faut pas non plus détourner la tête de pays qui semblent être des pays en paix, qui attirent les touristes français, le Mexique par exemple. Dans l'état de Guerrero, on tue un journaliste par an depuis douze ans. Douze journalistes tués parce qu'ils enquêtent sur les narcotrafiquants mais aussi sur la corruption", poursuite le président de RSF.

"La liberté de la presse régresse" : Alain Le Gouguec, journaliste à France Inter, et président de Reporters sans frontières.
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Cette année, l’Unesco a tenu à attribuer au journaliste syrien emprisonné Mazen Darwish, son prix de liberté de la presse. Ce défenseur des droits de l’Homme est en prison à Damas, depuis son arrestation le 16 février 2012, avec deux de ses collègues, Hani Al-Zitani et Hussein Ghareer.

* 17h00 - Concert pour la liberté pour célébrer les 30 ans de Reporters sans frontières et la Journée mondiale pour la liberté de la presse - Place de la République à Paris