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La folie médiatique durant la vie et après la mort de Lady Di a tendu les relations entre la presse et la famille royale

Depuis, les tensions se sont apaisées entre les parties, malgré une vive pression sur les fiancés à l'approche de leur mariage, le 29 avril 2011.Il faut dire que l'enjeu est de taille: quelque deux milliards de téléspectateurs dans le monde devraient suivre l'événement, selon une évaluation du ministre britannique de la Défense, Jeremy Hunt.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Un exemplaire du journal britannique l'"Evening Standard", le 16 novembre 2010, après l'annonce des fiançailles royales. (AFP/CARL COURT)

Depuis, les tensions se sont apaisées entre les parties, malgré une vive pression sur les fiancés à l'approche de leur mariage, le 29 avril 2011.

Il faut dire que l'enjeu est de taille: quelque deux milliards de téléspectateurs dans le monde devraient suivre l'événement, selon une évaluation du ministre britannique de la Défense, Jeremy Hunt.

En comparaison, les 750 millions de téléspectateurs qui avaient suivi le "mariage du siècle" du en 1981, feraient presque tache. Mais comme l'information et le business doivent se cotoyer pour le meilleur ou parfois pour le pire, les télés du monde entier sont sur le pied de guerre et ont réservé leurs faisceaux depuis des mois.

La couverture médiatique, une question particulièrement sensible pour William du fait que sa mère,, est morte en 1997 à Paris dans un accident de voiture après avoir été poursuivie par des paparazzi à moto. Le code de conduite de la presse britannique avait été revu à la suite du drame. Il stipule notamment que les "journalistes ne doivent pas faire preuve d'intimidation, de harcèlement et de poursuite continue".

Mise en garde adressée à la presse
Pour veiller au grain, la Commission des plaintes de la presse britannique s'active et surveille. Cet organe de contrôle indépendant a très fortement recommandé dans un "avis consultatif privé" à la presse de ne pas harceler la famille de . L'avertissement est tombé.

Selon la BBC, cette mise en garde concerne les images prises par les agences de photographie. Exemple: le 6 avril, plusieurs sites internet de journaux ont présenté des images de la mère et de la soeur cadette de Kate Middleton, Pippa, faisant des courses à Londres.

"La famille Middleton n'a déposé aucune plainte formelle contre une infraction au code de la presse. Toutefois, à la suite de quelques cas de harcèlement présumé (...) de la part d'agences et de travailleurs indépendants, la famille Middleton a souhaité, par l'intermédiaire de la Commission des plaintes de la presse britannique, attirer l'attention des responsables de rédaction sur ses sujets de préoccupation", a déclaré un porte-parole de William, avant de conclure: "La famille Middleton et le palais Saint-James savent gré aux responsables de rédaction de la modération et du respect du code dont ils ont fait preuve ces derniers mois." Qu'on se le tienne pour dit !

Prioritaires au même titre que les Branjelina
Si la couverture médiatique du couple princier a été plutôt respectueuse depuis que le mariage a été annoncé en novembre, certains rédacteurs en chef ont cependant prévenu qu'elle ne durerait peut-être pas indéfiniment.

Kate ? "Elle est sur notre liste prioritaire, à égalité avec Brad Pitt et Angelina Jolie", a déclaré Joe Sene, rédacteur en chef d'une agence spécialisée dans le people, Splash News and Picture Agency.

Toutefois, selon le conseil en relation publiques d'innombrables célébrités, "il y a des gens dans l'entourage de et qui comprennent les besoins des médias et du public". Max Clifford s'attend en effet à ce que la presse respecte l'intimité du couple "pendant un an ou deux, pourvu qu'on leur donne suffisamment d'occasions pour faire des photos et des interviews".

Et l'entourage de la famille royale l'a bien compris: pour s'attirer les faveurs des médias, l'accès au couple princier est essentiel. "C'est comme cela que la famille royale peut être populaire, et que la monarchie peut continuer de régner sur ce pays", précise Clifford. Et en échange de cet accès, les journaux britanniques ont convenu de ne pas publier de photos de la vie quotidienne de , un gentlemen's agreement plutôt respecté, la plupart des photos publiées portant sur des sorties officielles.

Constat est fait qu'"une fois que vous avez saturé le marché avec ces photos, cela réduit l'espace pour les photos de paparazzi", observe, pour sa part, le photographe de la royauté Ian Jones. Une stratégie efficace.

Renforcement de la législation sur la vie privée
"Nous comprenons l'intérêt des médias pour le couple, et spécialement pour Mlle Middleton, mais nous pensons avoir réussi à ménager une relation saine avec les médias", se félicite encore un porte-parole du Palais. Et globalement, force est de constater que cela fonctionne relativement bien. Les tabloïds, fournis en images princières, ayant moins de raisons de se mettre à dos la monarchie en publiant une photo volée.

Le directeur de la Société des rédacteurs Bob Satchwell met l'accent sur un "niveau d'intrusion dans la vie privée (qui) a énormément baissé". Selon lui, "le code de conduite des journaux a été durci et reconnaît clairement le droit à l'intimité". Conclusion, grâce au renforcement de la législation sur la vie privée, Kate bénéficie d'une meilleure protection que Diana.

Cependant, des entorses dans le régime n'ont pas manqué. Par exemple, en 2007, Kate Middleton a porté plainte pour une photo publiée dans leDaily Mirror. Le tabloïd a présenté des excuses. Des lettres de mises en garde auraient également été envoyées après que des photographes l'eurent mitraillé à la sortie de son domicile pour son 25e anniversaire. Et en 2010, les avocats de la jeune fille ont menacé de poursuivre l'agence Rex Features si elle distribuait une photo d'elle en train de jouer au tennis dans le sud-ouest de l'Angleterre. Elle a obtenu des dommages et des excuses, et les photos n'ont pas été publiées au Royaume Uni.

Et bien que l'histoire officielle soit dorénavant dictée par la famille royale, "s'il y a une histoire fantastique qui vaut le coup de compromettre l'accord, le média ne pourra pas résister", lance en conclusion Jenny Afia, du cabinet d'avocats spécialistes des médias Schillings. Dont acte.

Des portraits de Testino à la demande de William
Le célèbre photographe Mario Testino a shooté le couple le 25 novembre 2010, neuf jours après l'annonce de leurs fiançailles. L'un des portraits présente une image formelle tandis que le deuxième, plus décontracté, semble saisir un moment d'intimité. "Le prince William a travaillé avec Mario Testino à de nombreuses occasions auparavant, aussi le couple a-t-il décidé qu'il était le bon choix pour un portrait aussi important", a déclaré à l'époque un porte-parole de la résidence du prince William.

"Je suis très heureux qu'on m'ait demandé de couvrir ce moment historique attendu par le monde entier", a déclaré l'auteur de photographies parmi les plus marquantes de la princesse Diana. Mario Testino a également réalisé de nombreux portraits du prince Harry et de leur père, le prince de Galles.

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