Vol de cocaïne au "36" : première nuit en prison pour le brigadier

Le brigadier suspecté d'avoir dérobé 52 kilos de cocaïne au siège de la Police judiciaire fin juillet à Paris a été mis en examen mercredi. Son collègue soupçonné de complicité a été placé laissé libre, sous statut de témoin assisté.

(@ Maxppp)

Après quatre jours passés en garde à vue dans les locaux de la police des polices, le brigadier soupçonné du vol des 52 kg de cocaïne au 36 quai des Orfèvres, a été déféré au parquet mercredi à la mi-journée. Il a été mis en examen pour "détournement ou soustraction de biens par une personne dépositaire de l'autorité publique", et "transport, détention, offre, cession de drogue", ainsi que pour "blanchiment de trafic de stupéfiants en bande organisée" en début de soirée.

Vers minuit, il a été placé en détention par le juge des libertés et de la détention (JLD), comme l'avait demandé le parquet. Son collègue interpellé lundi a été placé sous le statut de témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de simple témoin et une mise en examen.

Le parquet a requis mercredi l'ouverture d'une information judiciaire notamment pour détournement ou soustraction de biens par une personne dépositaire de l'autorité publique, transport, détention, offre et cession de stupéfiants. Pour le second fonctionnaire de la brigade des stupédiants, le parquet avait requis une mise en examen pour complicité de détournement et un placement sous contrôle judiciaire. 

Peu d'informations sur l'enquête

Côté enquête, très peu d'éléments ont fuité des garde à vues. Dans un communiqué le parquet de Paris précise que 16.020 euros ont été saisis dans le sac à dos du policier, 8.790 euros à son domicile parisien.  On sait par ailleurs que le policier n'avoue pas le vol et s'est montré très avare en confidences. Selon les informations recueillies par France Info, lors de sa garde à vue, il aurait expliqué avoir gagné cet argent grâce à des jeux en ligne. Le parquet, lui, parle de "sommes inexpliquées". Les investigations sur son train de vie se poursuivent : chaque virement ou acquisition est passé au crible, l'IGPN a l'impression qu'il vivait au dessus de ses moyens. Le compte du second policier interpellé figurerait sur des relevés bancaires du brigadier. 

Malgré ce silence et ces dénégations, l'enquête a déjà établi des faits précis. Un gardien de la paix, en faction au 36 quai des Orfèvres, a indiqué "avoir laissé entrer un homme présentant une carte de police dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014,  et qui était porteur de sacs apparemment très lourds au moment où il ressortait du batiment" précise le parquet. La disparition de la drogue a été constatée le 31 juillet à 10 heures. 

Les téléphones portables et les ordinateurs du suspect ont été saisis par la police des polices. Les enquêteurs s'intéressent également aux affaires suivies par le brigadier. Ils misent également sur la drogue car le retour de 52 kg de cocaïne sur le marché, ce n'est pas anodin. L'IGPN active donc les indics de la police, et multiplie les perquisitions avec un espoir : que la drogue ne soit pas déjà écoulée.

Audit en cours chez les "Stups"

En parallèle de l'enquête, les policiers de l'Inspection générale de la police nationale ont entamé mercredi l'audit de la brigade des stupéfiants réclamé par Bernard Cazeneuve en début de semaine. Le ministre de l'Intérieur a demandé de "passer au crible " "les méthodes, les procédures et les pratiques profesionnelles " des fonctionnaires en charge de la lutte contre le trafic de drogue.