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Un site de vente de vin en ligne dans le collimateur de la justice

Le site 1855.com est soupçonné d'avoir escroqué plus de 11 000 clients qui n'ont jamais reçu leurs commandes, selon le "Parisien" de mercredi. 

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France Télévisions
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Emeric Sauty de Chalon, PDG de 1855.com, avait été nommé "Entrepreneur modèle" de l'année 2007 par le Sénat et l'école de commerce Essec. (CAPMAN VINCENT/SIPA)

Ils vendaient du vin. Beaucoup de vin. Et même des cuvées qui n'ont jamais existé. Le site de vente de vin en ligne 1855.com, créé en 1999 par deux anciens d'HEC, est visé par une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris pour escroquerie et détournement de fonds, révèle Le Parisien (article abonnés), mercredi 1er juillet. Le site a été placé en liquidation judiciaire le 9 janvier et accumule, à ce jour, 40 millions d'euros de dette, détaille le quotidien. La justice reproche à ce site et à ses propriétaires d'avoir vendu des bouteilles qu'ils n'ont jamais livrées. Mais aussi des crus qui n'ont jamais existé. 

Plus de 11 000 internautes lésés

"Mes premières commandes ont bien été livrées. Une façon de nous appâter. Ça a dérapé en 2010", raconte Alain Ehrsam, client du site, au Parisien. Au fil des commandes, son ardoise est montée jusqu'à 3 000 euros pour des bouteilles qu'il n'a finalement jamais reçues. Il a alors lancé l'Association Abus 1855, représentant les victimes de cette escroquerie. En tout, ce sont plus de 11 000 internautes lésés qui "ne reverront pas la couleur" de leur argent, déplore Alain Ehrsam. Quelque 300 clients ont fait appel à l'avocate Hélène Poulou. "Cette société vendait des vins qu'elle ne possédait pas en stock, et leur modèle économique ne pouvait tenir la route", dénonce-t-elle auprès du quotidien. 

Du côté des vendeurs, l'avocat des créateurs du site, Maître Philippe Blanchetier, rejette la faute sur les négociants bordelais, "qui remettaient à la vente les lots de vins réservés dès qu'il s'agissait de 1855.com". Aucune escroquerie pour l'avocat, mais "un simple raté économique". 

Quels recours ? 

A partir d'avril 2012, les plaintes se sont accumulées auprès de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Xavier Azalbert, chef d'entreprise de 50 ans, fait partie des victimes. Il s'est lui aussi engagé dans des poursuites judiciaires pour une commande de 9 356 euros qu'il n'a jamais vue. Malgré leur mobilisation, ils sont peu nombreux à avoir été dédommagés. "Ils m'ont envoyé trois bouteilles en forme d'excuses au bout de trois mois, car j'ai fait un petit peu de bruit sur internet", raconte l'humoriste Dominique Farrugia, lui aussi victime du site 1855.com. Pour les autres consommateurs, la solution pourrait être d'entamer une action de groupe. 

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