Un octogénaire se tourne vers la justice après avoir été opéré par erreur en raison de sa surdité

Après avoir ôté ses appareils auditifs, l'homme de 80 a répondu à tort à l'appel d'un nom qui n'était pas le sien.

Gaston se trouvait à la clinique Chénieux de Limoges pour y subir une opération bénigne de la paupière, mais a subi une intervention plus sérieuse.
Gaston se trouvait à la clinique Chénieux de Limoges pour y subir une opération bénigne de la paupière, mais a subi une intervention plus sérieuse. (AFP)

Gaston ne devait pas subir d'intervention chirurgicale. Mais cet octogénaire, sourd, a été opéré par erreur d'un oeil parce qu'il a répondu à tort à l'appel d'un nom qui n'était pas le sien après avoir ôté ses appareils auditifs. A la suite de cette erreur médicale, il a demandé une expertise judiciaire, mercredi 22 juin, devant le tribunal de Limoges. 

Aujourd'hui âgé de 80 ans, Gaston se trouvait en 2011 à la clinique Chénieux de Limoges pour y subir une opération bénigne de la paupière. Il a finalement subi une intervention plus sérieuse : une vitrectomie (ablation du corps vitré) de l'oeil droit à la place d'un autre patient, sans que la chaîne de contrôle de son identité ne révèle la méprise. 

Il souffre aujourd'hui d'une cécité quasi-totale

L'erreur avait été constatée dès le lendemain par l'équipe médicale, qui l'avait reconnue sans difficulté. Mais Gaston, atteint par ailleurs de cataracte et de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l'âge), une maladie de la rétine, a constaté depuis 2014 une baisse brutale de ses capacités visuelles et souffre aujourd'hui d'une cécité quasi-totale.

Pour le patient creusois, cette déficience visuelle est liée à l'erreur opératoire dont il a été victime. Mais une expertise de la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) en a jugé autrement : si la vitrectomie subie à tort a certes précipité l'évolution de sa cataracte, la perte de ses facultés visuelles est bel et bien la conséquence naturelle et inéluctable de la DMLA dont il souffre depuis 2007. L'avocat de Gaston juge cette explication insuffisante et a demandé cette contre-expertise. Le tribunal doit rendre sa décision le 13 juillet.