Un gagnant du Loto emprisonné et privé de gain bientôt réhabilité ?

En 1985, Ahmed Allay a remporté 4,7 millions de francs, mais son gain a été annulé, la justice croyant à une escroquerie. La Cour de révision doit se prononcer sur un procès en révision. 

Un gagnant au Loto, dont le gain a été annulé sur décision de justice en 1985, pourrait être réhabilité. 
Un gagnant au Loto, dont le gain a été annulé sur décision de justice en 1985, pourrait être réhabilité.  ( MAXPPP)

Plutôt que remporter 600 000 euros, il a écopé de plusieurs mois de prison. Après vingt-cinq ans de bataille judiciaire, un gagnant au Loto condamné pour escroquerie en 1987 pourrait être réhabilité et toucher enfin son gain, indique Le Parisien (accès abonnés), lundi 16 juin. 

L'affaire remonte en 1985. Cette année-là, Ahmed Allay, professeur de chimie à Nancy (Meurthe-et-Moselle) se présente avec un ticket gagnant de 4,7 millions de francs (soit 600 000 euros). Mais son gain est annulé faute de validation chez son buraliste. Ce dernier lui indique que deux volets de son ticket ont été déclarés absents avant le tirage. Ahmed Allay intente une action civile contre le buraliste... mais se retrouve attaqué par la Société de loterie nationale (actuelle Française des jeux) pour tentative d'escroquerie. 

Quatre demandes de révision rejetées

Il explique dans Le Parisien : "On m'a accusé d'avoir validé moi-même un ticket vierge pour y reporter le résultat du tirage." En 1987, il est condamné à dix-huit mois de prison, purge sa peine à Fresnes (Val-de-Marne) puis dans l'est de la France.  

L'histoire rebondit en 2013 quand le nouvel avocat d'Ahmed Allay retrouve chez le buraliste de l'époque un relevé prouvant la bonne foi de son client. "Sur la fiche hebdomadaire de vente du buraliste, mon ticket a bien été comptabilisé de sa main", indique Ahmed Allay, qui a lancé quatre demandes de révision, toutes rejetées. Ce nouvel élément pourrait ouvrir la voie à un procès en révision. La justice doit se prononcer lundi sur la question.