Un avocat porte plainte contre une juge d'instruction pour "faux en écriture publique"

Me Dominique Tricaud accuse une magistrate orléanaise d'avoir commis un faux, selon France Bleu Orléans. Elle aurait antidaté une ordonnance. 

Maître Dominique Tricaud en 2015, lors du procès des \"mariages chinois\" de la mairie de Tours. 
Maître Dominique Tricaud en 2015, lors du procès des "mariages chinois" de la mairie de Tours.  (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Me Dominique Tricaud, avocat parisien, a porté plainte le 30 janvier à Orléans pour faux en écriture publique contre Elsa David, juge d'instruction. Me Tricaud défend un trafiquant présumé de drogue et reproche à la magistrate d'avoir antidaté une ordonnance lors de l'enquête. "Une des ordonnances qui a été rendue fait référence à des faits qui lui sont postérieurs. Sauf à penser qu’un magistrat puisse disposer d’inspiration divinatoire sur ce qui se passe après, il s’agit d’un faux", a-t-il dénoncé au micro de France Bleu Orléans. 

L'ordonnance en question autorisait les policiers à enregistrer les images d'une caméra de surveillance placée près de la gare d'Orléans, dans un box où était stationné le véhicule utilisé pour transporter de la drogue. Problème : l'ordonnance est datée du 15 janvier 2014, tandis qu'elle fait référence à des faits datés du 17 janvier 2014, soit deux jours plus tard. 

"Nous n'avions plus d'autre solution"

Me Dominique Tricaud se défend de vouloir "affaiblir la justice" : "Je ne l’ai jamais fait au cours de 50 ans d’exercice professionnel. Dans ce dossier j’ai fais tout ce que je pouvais pour éviter de déposer cette plainte. (...) La situation ne bougeant pas, nous n’avions plus d’autre solution. Si la justice ne respecte pas les lois, comment peut elle demander aux prévenus de la respecter ?"

Le parquet a considéré qu’il fallait faire régner une omerta et ne rien faire dans cette affaireMe Dominique Tricaudà France Bleu Orléans

L'avocat réclame également le dépaysement du procès prévu le 17 mars. Elsa David est depuis devenue présidente du tribunal correctionnel d'Orléans. Elle risque jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle.

Dans cette affaire de trafic de drogue à Orléans et Châteauneuf-sur-Loire (Loiret), l'information judiciaire a été ouverte en juillet 2013. Elle a abouti à 11 mises en examen en mars 2015, ainsi que la prise de 105 kilos de résine de cannabis et 4 kilos d'héroïne.