Un agriculteur jugé pour avoir tué sa femme : les proches de la victime mettent en cause l'État

Le procès de Jean-Paul Gouzou s'ouvre mercredi devant la cour d'assises du Lot. L'homme de 68 ans est accusé d'avoir tué son épouse, en mars 2017.

Une salle d\'audience du tribunal de Cahors.
Une salle d'audience du tribunal de Cahors. (MARC SALVET / MAXPPP)

Jean-Paul Gouzou, agriculteur retraité de 68 ans, comparaît devant la cour d'assises du Lot, à Cahors, à partir de mercredi 16 janvier. Son procès doit durer trois jours. Il est accusé d'avoir tué sa femme, Djénéba Bamia, le 3 mars 2017, à Gorses, dans le nord du département.

Ce jour-là, Jean-Paul Gouzou attend son épouse, dans la ferme commune. Elle vient, comme tous les jours, s'occuper des animaux même si le couple est en instance de divorce et ne vit plus sous le même toit depuis quelques temps. Quand il la voit, l'agriculteur la tue avec son fusil de chasse, et appelle aussitôt les forces de l'ordre. Il n'aurait pas supporté un projet de séjour au Mali, dont était originaire la victime, avec les jeunes enfants du couple. 

Il avait cette peur que ses enfants partent au Mali, soient excisés, soient confrontés à la guerre civileL'avocate de la défenseà franceinfo

"Il [Jean-Paul Gouzou] s'est dit : 'Je ne peux faire que ça [tuer sa femme] pour sauver mes enfants.' C'est bien évidemment quelque chose qui n'est pas acceptable mais pour lui, à ce moment-là, sa seule porte de sortie, c'était de sauver les enfants", explique son avocate, Sylvia Goudenège.

Plaintes pour violences conjugales

Un an avant le meurtre, déjà, Djénéba Bamia, 37 ans, avait porté plainte pour violences conjugales. Des mesures avaient étés prises pour la protéger, mais elles n'ont jamais été appliquées, à en croire Jean-Michel Costes, le compagnon de la jeune femme, au moment de sa mort. "Il était prévu que Monsieur Gouzou devait être désarmé. Il ne devait pas approcher sa femme en dehors des problèmes liés aux enfants. Mais tout ça n'a jamais été respecté. S'il avait au moins été désarmé, ça aurait mis une première limite." 

Face à cette situation, les proches de Dnéjéba Bamia ont régulièrement sollicité les autorités. Dans leurs réponses, qu'a pu consulter franceinfo, un substitut du procureur juge "inconcevable" d'encombrer sa boîte aux lettres. Le procureur de l'époque, lui, estime que le parquet n'est pas un "bureau des pleurs". Ces courriers sont datés du 24 février 2017. Une semaine plus tard, Djénéba Bamia est tuée par son époux.