Tariq Ramadan visé par une nouvelle plainte, pour viol en réunion

L'islamologue est déjà accusé par trois femmes en France et une autre en Suisse, pour deux viols. Il a effectué dix mois de prison, en détention provisoire, et est placé sous contrôle judiciaire depuis novembre 2018.

Tariq Ramadan à Turin en Italie lors de la cinquième édition de la \"\'Biennale Democrazia\'\", le 2 avril 2017.
Tariq Ramadan à Turin en Italie lors de la cinquième édition de la "'Biennale Democrazia'", le 2 avril 2017. (ALESSANDRO BOSIO/PACIFIC PRESS/ZUMA/REA)

Tariq Ramadan, déjà mis en examen pour deux viols, est visé par une nouvelle plainte en France. Cette fois-ci, l'islamologue suisse (qui possède également la nationalité égyptienne) est poursuivi pour un viol en réunion à Lyon en 2014, ce qui pourrait entraîner d'autres poursuites et menacer sa liberté retrouvée après plusieurs mois de prison. Le parquet de Paris a délivré, le 26 juillet, un réquisitoire supplétif dans l'enquête visant le théologien musulman pour "viol en réunion" et "menaces ou actes d'intimidation pour déterminer une victime à ne pas porter plainte ou à se rétracter", rapportent le Journal du dimanche et d'Europe 1.

Il revient désormais aux juges d'instruction en charge de l'enquête de prononcer ou non une nouvelle mise en examen pour ces faits, et éventuellement de demander à un juge des libertés et de la détention (JLD) la révocation de son contrôle judiciaire, ordonné en novembre après presque dix mois durant lesquels il a été placé en détention provisoire en 2018. L'avocat de Tariq Ramadan, Emmanuel Marsigny, a confirmé l'existence de cette plainte, en se refusant à tout commentaire. 

Une journaliste l'accuse de viol au Sofitel de Lyon

Selon le JDD et Europe 1, cette plainte a été déposée fin mai par "une femme, aujourd'hui âgée d'une cinquantaine d'années, qui travaillait alors comme journaliste radio". Elle accuse l'islamologue de viol en réunion avec "une personne de son staff" lors d'une rencontre pour une interview réalisée le 23 mai 2014 dans la chambre d'hôtel de Tariq Ramadan, au Sofitel de Lyon.

"C'est allé très vite, c'était d'une violence inouïe", a déclaré à la justice la plaignante, selon des propos cités par le JDD et Europe 1, racontant avoir été violée plusieurs fois par les deux hommes. Alors qu'elle avait menacé Tariq Ramadan de porter plainte avant de quitter la chambre d'hôtel, ce dernier lui aurait répondu : "Tu ne sais pas à quel point je suis puissant".

Selon la plainte, la femme aurait par ailleurs été contactée par Tariq Ramadan sur l'application Messenger le 28 janvier 2019 – soit deux mois après qu'il soit sorti de prison – affirmant qu'il voulait lui faire une "proposition", "sur le plan professionnel", message auquel elle n'aurait pas répondu. Elle raconte avoir reçu le lendemain la visite de deux hommes. "Ils m'ont dit que Tariq Ramadan avait essayé de me joindre (...) et si j'avais les idées mal intentionnées, ils pouvaient arranger ça", a-t-elle affirmé.