"J’ai eu peur de mourir" : une plaignante qui accuse Tariq Ramadan de viol livre son témoignage

Cette femme, qui a déposé plainte le 13 avril 2018, se confie au quotidien "Libération". 

L\'islamologue Tariq Ramadan, lors d\'une conférence à Bordeaux (Gironde), le 26 mars 2016.
L'islamologue Tariq Ramadan, lors d'une conférence à Bordeaux (Gironde), le 26 mars 2016. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Alors qu'il est en pleine tournée médiatique pour la sortie, mercredi 11 septembre, de son livre Devoir de vérité, Tariq Ramadan est rattrapé par l'affaire dans laquelle il est mis en examen. Le journal Libération publie, lundi 9 septembre, le témoignage inédit d'une femme qui a déposé plainte contre l'islamologue suisse le 13 avril 2018 auprès de la justice helvétique. "Brigitte", comme la prénomme le quotidien, se confie sur une nuit d'octobre 2008, au cours de laquelle Tariq Ramadan l'aurait brutalisée et violée, dans un hôtel genevois.

Sur le délai entre le déroulement des faits et sa plainte, "Brigitte" explique : "Il ne faut pas perdre de vue que nous, victimes, nous avons été séduites par Tariq Ramadan et l'avons soutenu, notamment sur le plan des idées. Nous avons brutalement découvert l'imposture." Celle qui a rejoint le théologien dans son hôtel après une conférence privée raconte ensuite la manière dont il l'aurait piégée. 

"Il me disait qu'il n'y avait que deux catégories de femmes qui refusaient d'embrasser : les prostituées et les espionnes. (...) Il s'est mis à m'insulter. J'ai eu peur de mourir. J'étais terrifiée et paralysée", confie-t-elle à Libération, qui parle de "coups" et de "claques" toute la nuit. Selon son témoignage, elle réussit à s'enfuir le lendemain matin. 

Pour Ramadan, les plaignantes sont des "menteuses"

Dans une interview donnée, vendredi 6 septembre, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM et RMC, Tariq Ramadan s'est montré offensif, qualifiant ses cinq accusatrices de "menteuses". Selon lui, "l'enquête va montrer" que la "plaignante suisse", "Brigitte", a été en contact avec la deuxième femme à avoir porté plainte contre lui en octobre 2017, ce qui accréditerait la thèse d'un piège pour ruiner sa réputation. A Libération, les avocats de "Brigitte" martèlent : "C'est complètement faux ! Une contre-vérité de plus !" 

Visé par cinq plaintes pour viol en France et en Suisse, l'islamologue a été mis en examen en février 2018 pour deux affaires, puis en septembre 2018 dans le dossier de "Brigitte". Il est également visé par une enquête en Suisse. La justice française refuse que le prédicateur, sorti de détention il y a dix mois, se rende à Genève pour être auditionné. Les interrogatoires et les confrontations devraient donc avoir lieu à Paris cet automne.