Soupçons de viols en Centrafrique : la justice française va enquêter

Le parquet de Paris a annoncé jeudi l'ouverture d'une information judiciaire, contre personne non dénommée, pour "viols sur mineurs de quinze ans par personnes abusant de l’autorité conférée par leurs fonctions" et "complicité de ce crime".

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La justice française va enquêter sur les accusations de viols d'enfants portées contre des soldats français en Centrafrique, a annoncé jeudi dans un communiqué le procureur de la République de Paris. Une information judiciaire, contre personne non dénommée, pour "viols sur mineurs de quinze ans par personnes abusant de l’autorité conférée par leurs fonctions" et "complicité de ce crime" a été ouverte.

Quatorze militaires français ont été mis en cause, dont trois identifiés, par les témoignages de six enfants de neuf à 13 ans recueillis dans une note de l'ONU en 2014. Cette décision fait suite à la réception, le 29 avril, d'un questionnaire rempli par la rédactrice du rapport de l'Onu qui faisait état d'abus sexuels présumés. "Les investigations vont désormais se poursuivre sous l'autorité de magistrats instructeurs, afin de parvenir à la manifestation de la vérité quant aux faits dénoncés", a précisé le procureur de la République de Paris.

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Camp de réfugiés de l'aéroport de M'Poko

Une enquête préliminaire avait été ouverte à Paris en juillet 2014, sur la base d'un document des Nations unies faisant état d'abus sexuels présumés sur des enfants entre décembre 2013 et juin 2014 dans le camp de réfugiés de l'aéroport de M'Poko, à Bangui, sous protection militaire. Dans le cadre de l'enquête préliminaire diligentée par le parquet, des gendarmes français se sont rendus en Centrafrique en août dernier pour procéder à des vérifications, sans toutefois auditionner des enfants, a indiqué jeudi le procureur. 

Le parquet de Paris souhaitait d'abord entendre la fonctionnaire de l'Onu qui a rédigé le rapport qui a lancé l'affaire, mais l'institution internationale a refusé de lever son immunité, préférant qu'elle réponde à un questionnaire.

Par ailleurs, la déclassification d'une enquête interne de l'armée serait en cours, aurait indiqué le ministère français de la Défense à l'agence de presse Reuters.