Servier porte plainte en diffamation contre "Libération"

Le laboratoire poursuit le journal Libération et le député socialiste Gérard Bapt pour des propos relatifs au médicament Protelos.

Le Protelos, un médicament des laboratoires Servier, mis en cause par le député Bapt et le journal \"Libération\".
Le Protelos, un médicament des laboratoires Servier, mis en cause par le député Bapt et le journal "Libération". (THOMAS COEX / AFP PHOTO)

L'affaire du Mediator connaît un nouveau rebondissement. Cette fois, c'est le laboratoire Servier qui poursuit en diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris le journal Libération et le député socialiste Gérard Bapt, président de la mission d'information parlementaire sur le Mediator, pour des articles et des propos relatifs au scandale du Mediator.

Le laboratoire, a-t-on appris dimanche 30 octobre, accuse le quotidien d'avoir énoncé, dans son édition du 7 septembre, "une série d'imputations qui sont très gravement diffamatoires à l'égard des laboratoires Servier". Les articles en question, dont une interveiw de Gérard Bapt, étaient consacrés à un autre médicament du laboratoire, le Protelos, dont le laboratoire aurait minimisé les effets secondaires.

Cette citation directe vise en particulier le directeur de la publication de Libération, Nicolas Demorand, le journaliste Yann Philippin, et le député Gérard Bapt. Nicolas Demorand, dans un éditorial, a écrit que Servier "avait érigé le mensonge et la manipulation en modèle économique", de sorte qu'après le Mediator, "c'est désormais le Protelos qui fait scandale".

"Des méthodes perverses"

Dans son interview du 7 septembre, le député Bapt a, lui, déclaré que le laboratoireServier avaient cherché à minorer les effets du Protelos allant notamment jusqu'à "falsifier des cas pour que le décès des patients n'apparaissent pas". Le député PS a accusé Servier de "développer des méthodes perverses et pas seulement pour le Mediator".

Servier estime, dans sa citation, que la diffamation publique est établie "à raison de la gravité des accusations mensongères". Il demande 50 000 euros et la publication du jugement dans plusieurs quotidiens dont Libération. L'audience doit se tenir le 6 janvier 2012.