Retour à la case prison pour Jérôme Kerviel le 19 mars ?

La Cour de cassation a examiné ce jeudi matin le pourvoi en cassation de Jérôme Kerviel. Près de 6 ans après les faits, le trader de la Société Générale continue de clamer son innocence. En première instance et en appel, Jérome Kerviel a été condamné à trois ans de prison ferme et 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts. En cas de rejet de son pourvoi, il ira en prison.  

(Reuters)

Jérôme Kerviel dormira-t-il
en prison au printemps prochain ? La cour de cassation rendra sa décision le
19 mars sur le pourvoi de l'ex-trader de la Société générale. C'est ce qui a été
décidé ce jeudi matin par la justice.

A l'audience, Me Patrice Spinosi, l'avocat de Jérôme Kerviel a plaidé la "faute volontaire" de la banque, dans la mesure où elle n'a pas respecté ses obligations légales et règlementaires. Le conseil du trader a une nouvelle fois demandé le partage des responsabilités.

Des arguments auxquels l'avocat général a semblé plutôt hermétique. Pour Yves Le Baut, une "victime négligente n'est pas pour autant une victime consentante ". 

Une menace d'incarcération pour Kerviel 

En cas de rejet, il sera alors
sous la menace d'une incarcération. Jérôme Kerviel était absent lors de
l'audience ce jeudi matin. Il est jusqu'à présent tenu
pour seul responsable de la perte d'argent massive subie, 5 milliards d'euros, par la banque.

En première instance comme en
appel, il a été condamné à une peine de 5 ans de prison dont 3 ans ferme et 4,91
milliards de dommages et intérêts. Sauf coup de théâtre, Jérôme
Kerviel devrait purger sa peine de prison.

"Je n'ai volé personne"

L'ancien trader qui a joué gros et perdu beaucoup
tente de faire reconnaître la responsabilité de la banque dans ces pertes
colossales. Six ans après la révélation des faits, Kerviel continue à clamer son innocence. " J'ai fait ce que la banque m'a appris à faire et je n'ai
volé personne
", explique--t-il depuis le début de cette affaire. L'ancien
trader rappelle par ailleurs n'avoir tiré aucun profit personnel de ces
opérations.

Soutenu par Jean-Luc Mélenchon, ou Eva
Joly, Jérôme Kerviel est devenu pour une partie de la gauche et de l'extrême
gauche le symbole de l'impunité des banques. Selon l'ancienne candidate des écologistes
à la dernière élection présidentielle, l'enquête faite sur ce dossier a été
faite sans expertise indépendante.

En cas de rejet du pourvoi, Jérôme
Kerviel devra retourner en prison où il a déjà passé  37 jours en détention provisoire, en 2008.