Rejet de boues rouges dans les calanques : le nouvel arrêté attaqué

Un référé demandant la suspension de l'arrêté préfectoral qui autorise les rejets de l'usine d'alumine Altéo de Gardanne dans la Méditerranée est étudié ce mardi par le tribunal administratif de Marseille.

(Depuis près de 40 ans, le site industriel Altéo de Gardanne rejette légalement des "boues rouges" dans la mer Méditerranée © MaxPPP)

Déposé par cinq associations, un référé demandant la suspension des rejets de boues rouges de l'usine d'alumine Altéo de Gardanne dans la Méditerranée est étudié ce mardi par le tribunal administratif de Marseille. 

Altéo ne rejetterait plus qu’un liquide filtré 

Après cinquante ans d’activité et autant de rejets polluants dans les calanques marseillaises, l’entreprise Altéo, a obtenu fin novembre une nouvelle autorisation préfectorale. Celle-ci se fonde sur la modification des procédés utilisés par Altéo, qui ne rejette plus qu’un liquide filtré.

 

Malgré tout, les opposants le considèrent toujours comme un polluant : les associations reprochent au préfet de ne pas avoir été assez sévère, dans son arrêté, dans le suivi des rejets exigés de l'industriel, et l'absence de prescription de réduction des effluents dans la durée. 

20 millions de tonnes de boues rouges 

L’avocat de ces associations dénonce par ailleurs le chantage à l’emploi, arguant que ces derniers, au nombre de 300 selon l’entreprise, ne serait pas garanti à long terme. Un représentant de la préfecture souligne, de son côté, que "les rejets sont supprimés à hauteur de 99,95%".

 

Propriété d’un fonds d’investissement américain depuis 2012, le site de Gardanne produit de l’alumine à partir de bauxite importée de Guinée. En cinquante ans, il a déversé plus de 20 millions de tonnes de boues rouges sur les fonds marins de la fosse de Cassidaigne, en plein coeur du Parc national des Calanques.