Réforme de la Justice : ses opposants dénoncent l'accueil de proximité menacé

Selon ses opposants, ce projet de réforme, examiné par l'Assemblée nationale mardi 15 janvier, a surtout pour effet de dégrader la justice.

FRANCE 3

C'est un petit tribunal, dans une petite ville, à Sarrebourg (Moselle). Christiane Sifferman se débat depuis plusieurs mois pour un problème lié à la succession de son frère. Une greffière est là pour la conseiller. Un accueil de proximité menacé par la réforme de la justice : ici, en Moselle, les tribunaux d'instance fusionneront avec celui de Metz, à 100 kilomètres de là. "C'est trop loin, je n'irai pas", assure Christiane. Ici, quatre greffières et un magistrat gèrent les dossiers et petits contentieux du quotidien. Ces tribunaux sont efficaces : en moyenne, un tribunal d'instance rend sa décision en six mois.

Craintes infondées

Le cœur de la réforme est de fusionner toutes les juridictions d'instance avec les tribunaux de grande instance. À Metz (Moselle), des magistrats, avocats et greffiers sont unanimement contre la réforme. "On est parti sur une grève totale des audiences le 15 janvier". Ils sont scandalisés par une réforme qui veut privatiser le règlement des petits litiges, ce qui met la justice de proximité en danger. Des craintes infondées selon Nicole Belloubet. La ministre de la Justice défend son projet de réforme en deuxième lecture devant l'Assemblée nationale.

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La façade du palais de justice de Tulle (Corrèze), le 12 novembre 2018. 
La façade du palais de justice de Tulle (Corrèze), le 12 novembre 2018.  (GEORGES GOBET / AFP)