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Prothèses PIP : 500 nouvelles plaintes déposées aujourd'hui

Au total, plus de 5 000 femmes ont déjà attaqué la société Poly Implant Prothese pour des implants mammaires défectueux.

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Une patiente s'apprête à se faire retirer des implants PIP, le 21 décembre 2011 dans une clinique de Nice (Alpes-Maritimes). (SEBASTIEN NOGIER / AFP)

Le dossier ne cesse de grossir au fil des mois. Le Parisien révèle que 500 nouvelles plaintes vont être déposés, jeudi 12 juillet, au pôle santé du parquet de Marseille dans le cadre du scandale des prothèses PIP.

"Depuis deux ans, nous recevons en moyenne 100 plaintes par mois. Plutôt que d’inonder les juges de nouveaux dossiers chaque semaine, nous avons convenu de procéder par regroupement pour ne pas alourdir leur travail", explique Me Philippe Courtois, désormais à la tête d'un dossier de 3 600 plaintes, sur plus de 5 000 déposées en France ces derniers mois, dont la plupart concernent des femmes dont les prothèses mammaires PIP ont rompu. 

L'organisme de contrôle contesté

Le Parisien révèle également que le tribunal de Toulon doit examiner le 25 juillet un recours visant la société TÜV Rheinland, grâce à qui les prothèses PIP ont obtenu le label CE, nécessaire à la distribution en Europe. L'avocat marseillais Laurent Gaudon souhaite que toutes les victimes présumées, y compris étrangères, soient indemnisées. Selon lui, les défaillances de l'organisme de contrôle sont importantes : pas de test des prothèses, pas de contrôle du fournisseur du gel des implants, aucun contrôle inopiné chez PIP. "Depuis 1993, TÜV a délivré systématiquement, à chaque inspection annuelle, un certificat de conformité", ajoute-t-il.

Réponse de TÜV Rheinland au Parisien : "Il n'entrait pas dans nos attributions de tester les prothèses ou d'interroger Nusil (le fournisseur du gel de silicone). Et rien ne garantit qu'une visite inopinée, non obligatoire, aurait permis de découvrir le pot aux roses." Au mois de janvier, TÜV disait avoir été trompé lors de ses visites, car PIP lui montrait un gel conforme puis le remplaçait par le produit frelaté sitôt le contrôle terminé. Selon le porte-parole d'une société qui a tenté de travailler avec PIP, l'entreprise utilisait du silicone industriel à la place du silicone médical. Un ex-employé raconte à France Info que ses supérieurs lui demandaient de remettre en circulation "les prothèses jugées pourtant défectueuses par le contrôle qualité".

Près de 30 000 porteuses en France

On estime à 30 000 le nombre de femmes porteuses d'implants PIP dans le pays. Près de 8 000 d'entre elles se sont déjà fait retirer ces prothèses, conformément à une recommandation du précédent gouvernement car elles peuvent se déchirer et provoquer inflammations et cancers. FTVi avait rencontré certaines de ces femmes entre souffrance et convalescence à Nice (Alpes-Maritimes).

De très nombreuses autres plaintes peuvent aussi tomber à travers le monde. La société PIP destinait 80% de sa production à l'export : de l'Allemagne au Brésil en passant par l'Australie.

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