Procès PIP : "Je n'ai pas fait prendre de risques", affirme Jean-Claude Mas

Après de nombreuses incertitudes sur la tenue du procès, le tribunal commence ce vendredi à aborder le fond du dossier. Avec un moment très attendu pour les parties civiles : les explications du personnage central de l'affaire, le fondateur de la société Poly Implant Prothèse, Jean-Claude Mas.

(Maxppp)

Le témoignage du fondateur de PIP
était particulièrement attendu. D'autant que les deux premiers jours de procès,
emmêlés dans des échanges procéduraux, a paru très long aux parties civiles.
Lesquelles redoutaient encore jeudi un report du procès. "Le tribunal va désormais aborder le fond du
dossier
", a dit la présidente Claude Vieillard à l'ouverture de l'audience
ce vendredi, au plus grand soulagement des parties civiles.

Jean-Claude Mas, vêtu du blouson
bleu qu'il ne quitte pas depuis le début du procès, a donc pris la parole. "Je
n'ai pas fait prendre de risques dans les années 90 et dans les années
2000
", a-t-il déclaré devant la cour. "Le
gel PIP n'était pas homologué mais il était
homologable
", a-t-il ajouté. "Le gel était aussi biocompatible que
celui de Nusil
" (le gel conforme, ndlr).

"Je manquais d'argent", pour faire homologuer le gel (Jean-Claude Mas)

S'il avait pu obtenir un statut de formulateur, il l'aurait fait, a-t-il affirmé, répondant au procureur. "Malheureusement il fallait un million d'euros pour avoir une unité pour devenir formulateur (...) je manquais d'argent ", a-t-il dit, alors que les finances de l'entreprise, défaillantes (perte du marché nord-américain, provisionnements pour procès à l'étranger...) ont fait l'objet de nombreuses questions. Car l'enquête a montré que l'usage du gel non conforme au lieu du Nusil avait permis à l'entreprise un gain annuel d'un million d'euros.

L'homme s'est dit aussi victime
"de la délation ". "Je n'ai aucune haine ", a-t-il ajouté. S'il n'a pas de haine, l'inverse
n'est pas vrai du côté des parties civiles. Certaines allant jusqu'à considérer
le fondateur de PIP comme leur "assassin "
. "Qu'il
reconnaisse que ce gel est frelaté et nocif pour la santé
", souhaitait,
avant la reprise de l'audience une des quelque 5.000 plaignantes, Marie-Thérèse
Louvet. Cela ne semble pas être la ligne de défense de Jean-Claude Mas. Et
ses premières déclarations ne risquent pas d'apaiser la situation.