Procès du Dr Bonnemaison : deux familles de victimes le disculpent

Lors du troisième jour du procès du docteur Nicolas Bonnemaison devant les assises des Pyrénées-Atlantiques, les familles de deux victimes présumées ont tenté, ce vendredi, de le disculper.

(Nicolas Bonnemaison lors de son arrivée devant la cour d'assises à Pau mercredi. © Maxppp)

L’ex urgentiste Nicolas Bonnemaison a pu compter, ce vendredi lors de son troisième jour de procès aux assises, sur le soutien des familles de deux de ses victimes présumées. La première a affirmé qu’il avait euthanasié leur proche à leur demande. Fernand Dhooge était mort en mars 2010, après avoir lutté pendant plus de 15 ans contre cinq cancers. Sa fille, Isabelle, 40 ans, a expliqué par visio-conférence que son père “était recroquevillé, dans un état végétatif ", avant d’ indiquer qu'elle savait qu'il ne lui restait "plus beaucoup de temps à vivre ".

Elle a alors demandé à l’urgentiste “de vive voix ” du souhait de son père d'être "euthanasié " et de ne pas subir d'acharnement thérapeutique. Nicolas Bonnemaison lui a alors répondu que "la décision avait été comprise ", a-t-elle ajouté.

Son père ayant reçu l'extrême-onction, elle aurait donné alors son accord d'"un signe de tête " pour une injection, acte auquel elle n'assiste pas. Selon elle, il s'agissait d'une piqûre de morphine. "Il ne l'a pas tué, il l'a aidé à partir dignement ", a-t-elle ajouté, disant qu'"une vie ne suffirait pas pour remercier le Dr Bonnemaison ".

Une lente "descente aux enfers "

La seconde famille a, elle aussi dans la matinée, totalement disculpé Nicolas Bonnemaison. Elle a expliqué que la mort de leur parent était survenue de manière naturelle. Entendus comme témoins, la fille et le fils de Christiane Tymen, une patiente de 80 ans décédée le 26 juin 2011 dans le service du praticien, ont affirmé qu'il était impossible que l'urgentiste ait pu accélérer le décès de leur mère, atteinte d'une maladie neuro-dégénérative depuis plusieurs années.

"Je n'ai pas quitté ma mère un seul moment ", a témoigné Viviane Cipière, qui a raconté la lente "descente aux enfers " de la malade, une ancienne enseignante atteinte d'une maladie du cerveau l'empêchant depuis quatre ans de marcher et de parler. Viviane Cipière a aussi exclu la possibilité que le médecin ait injecté du Norcuron, un médicament à base de curare.

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Nicolas Bonnemaison a reconnu s'être procuré de l'Hypnovel, un puissant psychotrope, et du Norcuron, mais a indiqué ne pas avoir administré ces médicaments à l'octogénaire, le décès ayant été "rapide ".

Le procès a débuté mercredi. Nicolas Bonnemaison, 53 ans, est jugé pour l’empoisonnement de sept personnes. Il aurait administré à sept patients en fin de vie des médicaments hors du protocole de soins et sans recourir à l'avis d'autres médecins. Aucune famille de victime n'a porté plainte. Seuls des proches de deux victimes se sont portés parties civiles.