VIDEOS. Professeur décapité : "Nous avons eu raison de publier ces caricatures, Samuel Paty a eu raison d’en parler", déclare l'avocat de "Charlie Hebdo"

Richard Malka, l'avocat de l'hebdomadaire satirique a réagi, lundi lors du procès des attentats de janvier 2015, à l'assassinat de l'enseignant d'histoire-géographie. 

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Richard Malka, l'avocat de "Charlie Hebdo", répond à la presse, lors du procès des attentats de janvier 2015, le 9 septembre 2020.  (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Une journée d'audience marquée par l'assassinat de Samuel Paty. Le procès des attentats de janvier 2015 a repris à la cour d'assises spéciale de Paris, lundi 19 octobre dans la matinée, avec les déclarations de plusieurs avocats et du président de la cour au sujet de l'attentat. Il s'agit, après l'attaque près des anciens locaux de Charlie Hebdo, du deuxième attentat lié aux caricatures de Mahomet depuis l'ouverture du procès. 

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"Après avoir déjà tué des juifs, des journalistes, des dessinateurs, des passants dans la rue, après avoir tué des jeunes au Bataclan, maintenant ils tuent des enseignants", a déclaré l'avocat de Charlie Hebdo, Richard Malka, devant des journalistes. "Ils s'en sont pris à tous les piliers que la IIIe République nous a légués : la liberté d'expression (...) les lois sur l'école de Jules Ferry (...) la loi sur la laïcité. Ils s'en prennent à tous les fondements de la République et à tout le monde." 

"Ils ont tué des juifs, des musulmans, des chrétiens, ils tuent tout le monde. 'Ils', ce sont les fanatiques islamistes. (...) Ils sont les ennemis d'abord des musulmans de ce pays", a ajouté l'avocat. "Ils n'ont pu prospérer que grâce à cette arme de destruction massive de notre République que sont les accusations d'islamophobie constantes, la culpabilisation (...) cette rhétorique de l'humiliation en inventant des faits, comme l'a fait ce père de famille qui a appelé à la haine dans une vidéo, et dont la fille n'était même pas dans le cours", a poursuivi Richard Malka. 

"On veut des actes, ça suffit de cette barbarie", a insisté Richard Malka. "On a besoin que ce ne soient plus les victimes qui soient sanctionnées mais les bourreaux", a-t-il plaidé, regrettant "un excès de compromission" ayant mené à cet attentat. "Il faut un éveil des consciences. On ne peut pas ressusciter les morts, malheureusement, mais la moindre des choses (...) c'est de se battre pour les libertés qui leur ont coûté la vie." 

"Nous sommes tous concernés"

Richard Malka s'est également exprimé lors de l'audience de lundi, évoquant notamment les caricatures du prophète dans Charlie Hebdo. "Nous avons eu raison de publier ces caricatures, Samuel Paty a eu raison d’en parler", a-t-il affirmé.

"La cour tient à exprimer son émotion à la suite de l’assassinat d’un enseignant pour le seul fait d’avoir enseigné la liberté d’expression", a déclaré de son côté le président de la cour, Régis de Jorna, lors de l'ouverture de cette nouvelle journée d'audience. 

"Quand un professeur est odieusement et lâchement décapité car il enseignait la liberté d’expression, nous sommes tous concernés", a poursuivi Jean Chevais, avocat de la partie civile. Samia Maktouf, qui représente aussi la partie civile, s'est associée à cette "défense de la liberté d’expression et de la liberté de penser"

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