Procès des attentats de janvier 2015 : Amedy Coulibaly, "je ne lui ai jamais remis de l'argent pour une entreprise terroriste", raconte Amar Ramdani

Après Willy Prévost et Christophe Raumel, c'est au tour d'Amar Ramdani de répondre aux questions de la cour mercredi.

Les accusés dans le box et leurs avocats au premier jour du procès des attentats de janvier 2015 devant la cour d\'assises spéciale de Paris, le 2 septembre 2020.
Les accusés dans le box et leurs avocats au premier jour du procès des attentats de janvier 2015 devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 2 septembre 2020. (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCEINFO)
Ce qu'il faut savoir

Les interrogatoires des accusés se poursuivent au procès des attentats de janvier 2015. Après Willy Prévost et Christophe Raumel, c'est au tour d'Amar Ramdani de répondre aux questions de la cour d'assises spéciale mercredi 7 octobre. Cet homme de 39 ans a rencontré Amedy Coulibaly à la prison de Villepinte, où il a été incarcéré de 2010 à 2013. Ils travaillaient à la buanderie avec Nezar Mickaël Pastor Alwatik, un autre accusé. L'enquête a démontré des contacts téléphoniques très fréquents, avec des lignes différentes chaque semaine, entre Amar Ramdani et le terroriste durant les semaines et jours précédant les attentats. Il est soupçonné de lui avoir fourni des armes, après plusieurs déplacements dans la région lilloise avec Saïd Makhlouf pour y rencontrer Mohamed-Amine Fares, deux autres accusés. Son empreinte digitale a été retrouvée sur un billet de 50 euros découvert au domicile d'Amedy Coulibaly. 

Christophe Raumel ne connaissait pas Amedy Coulibaly. Ce trentenaire est le seul accusé à comparaître libre et à ne pas être poursuivi pour terrorisme mais pour association de malfaiteurs. Il a croisé la route d'Amedy Coulibaly par l'intermédiaire de Willy Prévost mais n'a jamais été en contact directement avec lui. Il a reconnu avoir participé à l'achat de matériel (gilets tactiques, couteaux, Taser...), de véhicule (le Renault Scénic) et avoir accompagné Willy Prévost pour le retrait du traceur GPS sur la moto utilisée à Montrouge. Mais il a répété à la barre qu'il ne pouvait avoir connaissance des intentions terroristes d'Amedy Coulibaly : "J'accompagnais juste Willy, j'étais juste en lien avec Willy."

 Willy Prévost parle de l'emprise d'Amedy Coulibaly. Willy Prévost, ami d'Amedy Coulibaly, a été l'un des premiers suspects interpellés dans ce dossier tentaculaire, après la découverte de son ADN dans la voiture utilisée par Amedy Coulibaly pour se rendre à l'Hyper Cacher. Pendant l'instruction, il a reconnu avoir acheté pour le terroriste du matériel de sécurité, dont trois gilets tactiques et un Taser. Toutefois, il assure que, pour lui, Amedy Coulibay était "un braqueur". Devant la cour, il a parlé de l'emprise que l'homme, qu'il a connu au quartier de la Grande Borne, à Grigny, exerçait sur lui et sur tous ceux qui l'approchaient : "C'était lui le mentor."

Les onze accusés présents interrogés jusqu'au 23 octobre. Âgés de 30 à 68 ans, déjà condamnés à de multiples reprises mais jamais pour terrorisme, ils sont mis en cause pour leur aide présumée à Saïd et Chérif Kouachi et à Amedy Coulibaly, auteurs des attaques à Charlie Hebdo, à Montrouge et à l'Hyper Cacher. Lors de leurs rares prises de parole depuis l'ouverture de ce procès historique, ils ont "condamné" des actes "monstrueux" et assuré n'avoir jamais adhéré à l'idéologie jihadiste. Trois autres accusés, les frères Belhoucine et Hayat Boumeddiene, sont absents et donc jugés par défaut.

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16h36 : Retour au procès des attentats de janvier 2015. Notre journaliste Violaine Jaussent, sur place, revient sur l'audition d'Amar Ramdani, qui a rencontré Amedy Coulibaly à la prison de Villepinte en 2010.

14h39 : L'audience reprend au procès des attentats de janvier 2015. Notre journaliste Violaine Jaussent, sur place, revient sur l'audition d'Amar Ramdani, qui a rencontré Amedy Coulibaly à la prison de Villepinte en 2010.

11h19 : L'ex-compagne de l'un des accusés, Christophe Raumel, l'a accusé devant la cour d'assises spéciales hier de violences conjugales et de pressions avant sa déposition. Il est le seul à comparaître libre. Le parquet national antiterroriste a alerté le parquet d'Evry pour ouvrir une enquête pour "pression sur témoin". Elle "sera convoquée en vue de l'éventuelle ouverture d'une enquête", précise à franceinfo le parquet d'Evry.

10h39 : L'audience a repris au procès des attentats de janvier 2015. Après les accusés Willy Prévost et Christophe Raumel, c'est au tour d'Amar Ramdani d'être interrogé par la cour d'assises spéciale. Cet homme de 39 ans a rencontré Amedy Coulibaly à la prison de Villepinte en 2010. Il revient sur ses relations avec le terroriste. Notre journaliste Violaine Jaussent est sur place.

08h17 : Au procès des attentats de janvier 2015, Christophe Raumel, seul accusé à comparaître libre, a "honte" mais "assume". L'unique accusé du procès à ne pas être jugé pour terrorisme a reconnu hier avoir participé à l'achat de matériel pour Amedy Coulibaly et l'avoir conservé chez lui, "sans se poser de questions". Le compte-rendu d'audience est à lire ici.

Christophe Raumel, le 4 septembre 2020, dans la salle d\'audience du procès des attentats de janvier 2015.
(ELISABETH DE POURQUERY / FRANCEINFO)