Cet article date de plus de huit ans.

Procès de Villiers-le-Bel : le policier s'explique sur les circonstances de l'accident

Six ans après la mort de Muhsim et Lakamy à Villiers-le-Bel, heurtés par une voiture de police alors qu'ils étaient sur une mini-moto, le policier qui conduisait le véhicule est jugé depuis jeudi matin. Devant le tribunal correctionnel de Pontoise, il a détaillé les circonstances de l'accident. Les familles des deux adolescents ont également témoigné à la barre.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
 (Regis Duvignau Reuters)

Au premier jour de
son procès devant le tribunal correctionnel de Pontoise, le policier qui
conduisait la voiture qui a heurté Muhsim et Lakamy est revenu sur les
circonstances de l'accident. Un long témoignage pour raconter ce qui s'est
passé il y a six ans.

Accusé de ne pas avoir respecté les
limitations de vitesse, le policier a expliqué qu'il "avait l'impression
de rouler à
une allure normale. Je pensais rouler entre 40 et 50
km/h"
. Ensuite, dit il "tout s'est passé très vite. Je
les ai vus arriver par la gauche... Je n'ai rien pu faire".

Un "dramatique accident"

Selon le rapport
d'expertise, la voiture roulait en réalité à 64
km/h au moment du choc. Il n'y avait ni avertisseur, ni
gyrophare. "Nous n'étions pas sur une mission d'urgence" , a expliqué
le fonctionnaire de police qui a par ailleurs reconnu ne pas se souvenir de
tous les éléments de ce "dramatique accident".

À la suite de la mort
des deux jeunes hommes, deux jours de violentes échauffourées avaient opposé
des jeunes de Villiers-le-Bel aux forces de l'ordre.

"Dire j'ai oublié est un peu facile"

Lors de cette première journée d'audience, les juges ont également étudié la
trajectoire de la moto. Car de leurs côtés, les deux adolescents roulaient sur
une moto qui n'était pas destinée à la route, dépourvue de freins et
d'éclairage, à une vitesse supérieure à la limite autorisée. Ils ne portaient
par ailleurs pas de casque et n'avaient pas respecté une priorité à droite.

La sœur aînée de Lakamy est
venue témoigner à la barre :

"Ma mère, il n'y a pas un jour qui passe sans
qu'elle me parle de l'accident."

Elle a également regretté que le policier
n'assume pas ses responsabilités : "Dire 'j'ai oublié', je trouve que
c'est un peu facile".

Le procès doit se
poursuivre vendredi.

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