Procès de la manifestation anti-bassines : les cinq prévenus condamnés à deux à trois mois de prison avec sursis

Ce procès s'est finalement tenu sans prévenus ni avocat puisqu'ils ont décidé de quitter l'audience après le refus du juge de renvoyer le procès. L'avocat des prévenus a annoncé qu'il ferait appel de cette décision.

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Le procès de la manifestation anti-bassines avait lieu lundi 28 novembre au tribunal correctionnel de Niort dans les Deux-Sèvres. (MARIE DELAGE / MAXPPP)

Les cinq hommes interpellés lors de la manifestation contre la "bassine" de Sainte-Soline ont été condamnés à des peines allant de deux à trois mois de prison avec sursis et à trois ans d'interdiction de séjour dans les Deux-Sèvres, a appris lundi 28 novembre franceinfo via le journaliste présent à l'audience. L'avocat des prévenus a annoncé qu'il ferait appel de cette décision.

Le 26 octobre, les gendarmes avaient été ciblés par des tirs de mortiers, des jets de cocktails Molotov et de projectiles divers, selon la préfecture des Deux-Sèvres. Lors de ces affrontements, une soixantaine de forces de l'ordre et une trentaine d'opposants à la construction de réserves d'eau géantes dans cette commune poitevine ont été blessés. Après cette journée de manifestation, le ministre de l'Intérieur a dénoncé une forme "d'écoterrorisme".

"Nous irons en appel"

Le procès, qui avait lieu ce lundi après-midi au tribunal correctionnel de Niort dans les Deux-Sèvres, a débuté en présence de quatre prévenus (âgés entre 29 et 66 ans) sur les cinq convoqués puisque le dernier (âgé de 26 ans) n'a pas fait le déplacement, souffrant de vertiges selon son avocat. C'est lui qui avait été blessé à la tête par un tir de LBD pendant la manifestation de Sainte-Soline. Tous les cinq comparaissaient devant la justice pour avoir participé au rassemblement interdit pour protester contre la méga-réserve d'eau.

Le procès s'est finalement tenu sans prévenus ni avocat puisqu'ils ont décidé de quitter l'audience après le refus du juge de renvoyer le procès. Alexis Baudelin avait demandé ce renvoi pour avoir le temps de faire intervenir des témoins et experts. Le juge a estimé qu'en un mois, la défense avait eu le temps de se préparer. C'est cette décision qui a motivé le départ de l'avocat et de ses quatre clients.

À l'extérieur, aidé de son mégaphone, Alexis Baudelin s'est adressé aux manifestants rassemblés devant le tribunal. Il a déclaré : "Nous refusons que le procès soit une parodie parce que la cause est trop importante et que le sujet des méga-bassines nous concerne tous. Nous irons en appel."

"On s’attendait à un jugement de ce genre""

"On en fait juste des exemples pour intimider les autres militants", a dénoncé ce lundi sur franceinfo la députée EELV de la Vienne Lisa Belluco. "Le ministre de l’Intérieur avait clairement appelé à faire de ce procès un exemple. Il fallait en faire des exemples et il fallait des sanctions exemplaires donc on s’attendait à un jugement de ce genre", a-t-elle ajouté.

"Le but est-il simplement de faire peur à des militants qui se battent pour protéger l’eau pour tous ?".

Lisa Belluco, députée EELV

à franceinfo

"Il n’a pas été prouvé que ces militants ont commis des violences", a également estimé Lisa Belluco, qui rappelle que "participer à une manifestation interdite, c’est une contravention et pas de la prison avec sursis".

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