Georges Tron, jugé pour viols et agressions sexuelles, est acquitté

L'avocat général avait requis six ans de prison ferme contre le maire de Draveil (Essonne), après l'avoir considéré comme "meneur" des scènes dénoncées.

Georges Tron, le 15 novembre 2018, dans le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Georges Tron, le 15 novembre 2018, dans le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Georges Tron, ex-secrétaire d'Etat à la Fonction publique et maire de Draveil (Essonne) depuis 1995, a été acquitté, jeudi 15 novembre, par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis. Depuis le 23 octobre, il était jugé, aux côtés de Brigitte Gruel, son ancienne adjointe à la Culture, pour viols et agressions sexuelles sur deux anciennes employées municipales. Elle a également été acquittée.

A l'issue du verdict, Georges Tron et Brigitte Gruel ont longuement embrassé leurs proches venus les soutenir. L'une des plaignantes, Eva Loubrieu, est rapidement sortie de la salle d'audience tandis que Virginie Ettel pleurait sur le banc des parties civiles. Elle a plus tard fait un malaise. "La déception est grande, beaucoup d'amertume. Le combat que je mène depuis des années, je tiens à dire que je ne lâcherai pas", a réagi très émue Eva Loubrieu. "Je ne lâcherai rien, ni hier, ni aujourd'hui, ni demain."

"Je suis totalement innocent des faits"

Mercredi, l'avocat général avait requis six ans de prison ferme contre Georges Tron, "meneur" selon lui des scènes dénoncées. Quatre ans de prison ont été réclamés contre Brigitte Gruel, considérée par l'avocat général comme "petit soldat". Il avait également demandé que les accusés soient déclarés inéligibles pendant cinq ans et inscrits sur le fichier des délinquants sexuels. Le ministère public a dix jours pour faire appel.

Les avocats de Georges Tron, avaient, eux, plaidé l'acquittement. Dans sa plaidoirie, Eric Dupond-Moretti s'en est pris à la presse, aux féministes et aux plaignantes. Il a décrit ces dernières comme "incohérentes, manipulatrices" et pense qu'elles se sont concertées dans leurs mensonges.

"J'ai passé sept années extrêmement difficiles. Je pense à ma famille. J'ai conscience que mon sort est entre vos mains. Je suis totalement innocent des faits qui me sont reprochés", avait déclaré Georges Tron, avant que la cour ne se retire à 9h30. "Je vous redis que je n'ai pas commis les faits, que je suis innocente", avait indiqué pour sa part Brigitte Gruel.