Prisons : les mesures anti-récidive taxées d'"inefficaces voire contre-productives" par l'OIP

Les mesures prises par la France entre 2005 et 2010 pour lutter contre la récidive chez les détenus se sont avérées "inefficaces, voire contre-productives" affirme l'Observatoire international des prisons (OIP). Il s'appuie sur une étude montrant que les libérations conditionnelles et les peines alternatives ont les meilleurs résultats.

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Après la description catastrophique des conditions de détentions à la prison de Nouméa publiée hier par le contrôleur des prisons, une autre pierre tombe aujourd'hui dans le jardin de l'administration pénitentiaire, et vient plus généralement  frapper les politiques carcérales menées par la France depuis 2005.

L'Observatoire des prisons sort aujourd'hui un rapport qui tacle les mesures anti-récidives. Le texte s'appuie sur l'étude de deux chercheurs de l'administration pénitentiaire, qui ont comparé les taux de récidive par type de peine. Le meilleur résultat est obtenu par les libérations conditionnelles : 39% des détenus récidivent. Un taux qui, certes, peut paraître élevé, mais qui l'est moins que pour les condamnés qui bénéficient d'une peine alternative (45%) et moins encore que pour ceux qui ont un aménagement de peine, dont ceux qui reçoivent un bracelet électronique (55%). Quant aux détenus qui ont purgé la totalité de leur peine, ils sont 63% à récidiver.

Pour l'OIP la politique carcérale française fait donc fausse route. Malgré 18 lois pénales sur la récidive, la délinquance sexuelle et celle des mineurs, elle est "inefficace, voire contre-productive ".Ce sont en effet les mesures qui semblent les moins efficaces au regard de cette étude qui sont privilégiées : le recours au bracelet électronique a explosé de 370%. Et un projet de loi présenté récemment en Conseil des ministres prévoit de doubler le nombre de bénéficiaires du bracelet.

L'OIP craint que cette politique réponde d'abord à l'impératif de désengorger les prisons, faisant passer au second plan la lutte contre la récidive. Elle s'inquiète, à l'inverse, de la faiblesse des moyens des SPIP, les services pénitentiaires d'insertion et de probation, qui encadrent la réinsertion des condamnés.