Pour le président italien, Berlusconi doit purger sa peine

Giorgio Napolitano a déclaré mardi que la peine de prison dont a écopé Silvio Berlusconi pour fraude fiscale était irréversible. Début août, le Cavaliere a été condamné à quatre ans de réclusion dans le procès Mediaset. Une peine finalement commuée à douze mois, que l'ancien président du Conseil devra donc purger, mais probablement pas en prison.

(Remo Casilli Reuters)

"Toute sentence définitive, et l'obligation qui en découle de
l'appliquer, ne peut être que prise en considération
". Dans un communiqué publié mardi soir, le chef de l'Etat italien Giorgio Napolitano a douché les espoirs d'un retour du Cavaliere en politique : oui, l'ancien président du Conseil devra purger les douze mois de prison auxquels il a été condamné au début du mois d'août.

Assignation à résidence ou travaux d'intérêt général

Le 1er août, la Cour de cassation avait confirmé la sentence de
quatre ans de prison de Berlusconi
, commuée à douze mois, pour fraude fiscale
dans l'affaire des droits télévisés de Mediaset, l'empire
médiatique du Cavaliere .

Giorgio Napolitano a cependant pris en compte l'âge du condamné (76 ans), qui devrait purger sa peine sous la forme soit d'une assignation à résidence, soit de travaux d'intérêt général.
Le chef de l'Etat n'a cependant pas totalement exclu de gracier
l'ancien chef du gouvernement, mais il a noté n'avoir reçu aucune demande officielle
en ce sens de la part du condamné, une étape indispensable pour
l'examiner.

Appel à la stabilité politique

"Il est compréhensible que des inqui études surgissent,
notamment au sein du PDL
[le parti de Berlusconi] , quant à la condamnation définitive
d'une personnalité qui a jadis dirigé le gouvernement (...) et
qui reste le chef incontesté d'un courant politique
incontestablement important
", a expliqué le chef de l'Etat, appelant au passage la
formation du Cavaliere à défendre en priorité les intérêts du pays.

Giorgio Napolitano a lancé une mise en garde
solennelle à quiconque chercherait à provoquer sur cette question la chute du
gouvernement de coalition droite-gauche d'Enrico Letta. Les parlementaires du Peuple de la liberté (PDL) envisageaient en effet de démissionner pour faire tomber la coalition au pouvoir.