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Me Herzog accuse Dominique de Villepin

Me Herzog, l'avocat du président de la République, affirme que De Villepin s'est associé à Gergorin et Lahoud dès 2004
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Me Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy dans le procès Clearstream (© France 2)
Me Herzog, l'avocat du président de la République, affirme que De Villepin s'est associé à Gergorin et Lahoud dès 2004Me Herzog, l'avocat du président de la République, affirme que De Villepin s'est associé à Gergorin et Lahoud dès 2004

"Je n'interviens pas ici en tant qu'ami, en tant que porte-parole mais en tant qu'avocat (...) d'une partie civile à laquelle j'ai conseillé de maintenir cette constitution de partie civile", a déclaré Me Herzog.

Selon lui, la partie civile du président Sarkozy se justifie en effet par le contenu du dossier, accablant pour Dominique de Villepin.

"Courant 2004, et à partir d'avril 2004, la conviction qui est la mienne est que tant Jean-Louis Gergorin, Imad Lahoud que Dominique de Villepin se sont entendus, se sont associés" pour mettre au point la machination Clearstream qui a valu à Nicolas Sarkozy de voir son nom cité sur de faux listings.

"Je démontrerai (...) l'implication de ceux qui sont poursuivis", a conclu l'avocat, considérant qu'"aucun de ceux qui sont ici ne sont ici par l'acharnement d'un homme", comme l'a affirmé Dominique de Villepin au premier jour du procès.

La très longue plaidoirie de Me Herzog a provoqué soupirs et baillement de l'assistance et a impatienté jusqu'au président du tribunal lui-même. Ainsi, Dominique Pauthe est-il intervenu pour suggérer à l'avocat de Nicolas Sarkozy d'être "plus bref".

Dans la matinée, plusieurs avocats des autres parties civiles avaient déjà lourdement mis en cause l'attitude de Dominique de Villepin. Poursuivi pour "complicité de dénonciation calomnieuse", l'ancien premier ministre est soupçonné d'avoir participé à une manipulation au cours de laquelle des noms de personnalités ont été ajoutés à des listings bancaires afin de faire croire qu'ils détenaient des comptes occultes à l'étranger.

L'accusation lui reproche notamment d'avoir, en avril 2004, encouragé l'ex-vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, à dénoncer les faux listings à un juge, alors qu'il les savait faux.

Dans sa dernière déclaration, le 12 octobre, Dominique de Villepin a encouragé le procureur de Paris à requérir "le coeur léger". Jean-Claude Marin avait refusé de poursuivre l'hôte de Matignon en 2006 et 2007. Il a fait volte-face en 2008 en requérant son renvoi devant le tribunal et il est venu en personne au procès - fait rarissime à Paris - pour soutenir l'accusation contre lui.

Dominique de Villepin a dit ne pas comprendre de quoi il était accusé. Il maintient n'avoir jamais voulu utiliser les fausses listes de comptes bancaires de la société Clearstream pour abattre son rival Nicolas Sarkozy.

Après la longue plaidoirie de Me Herzog lundi, place mardi au réquisitoire du ministère public. La plaidoirie des avocats de Dominique de Villepin est prévue mercredi toute la journée. M. de Villepin risque dans cette affaire jusqu'à cinq ans de prison et 45.000 euros d'amende.

Les conseils de l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, du mathématicien Imad Lahoud et du journaliste Denis Robert plaideront pour leur part jeudi et vendredi après-midi.
Le procès devrait s'achever vendredi soir et le jugement être mis en délibéré à début 2010.

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